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Trahison

 
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MessagePosté le: Jeu Avr 13, 2006 5:47 pm    Sujet du message: Trahison Répondre en citant

ZZZ (A-TRT-848)



00h03

Nuit noire. Si les soldats de garde avaient prit le temps de faire un tour du côté du bosquet qui surplombait le QG, je pense qu'ils ne auraient tout de même pas vu. Invisibles le jour, nous n'existions plus la nuit...

Voilà une semaine que nous nous étions évaporés dans la nature. On avait tout d'abord cru à une prise d'otages. Cependant, aucune rançon n'avait été demandée et nos corps ne reparurent pas dans les cuves de l'Alliance. Bien vite, le mot « désertion » fut sur toutes les lèvres. Les Etats-Majors adverses furent contactés. Nous ne figurions évidemment sur aucune liste. La version officielle du rapport, qui parut six jours plus tard, stipulait la mystérieuse disparition des matricules 848 et 854.

S'ils savaient...


00h07

J'avais bidouillé nos com-link pour nous faire passer sur un canal crypté, répondant au nom de SD². Chacun de nous deux était ainsi en liaison permanente avec l'autre. Nous avions en plus de cela instauré un langage codé pour nos conversations.

00h09

Chicken rampe sur quelques mètres, se faufile entre deux buissons et roule dans le fossé qui borde la route.
- Combien, qui et où?
- Deux esquimaux et un Petit LU. Les esquimaux remontent l'avenue à contre-sens. Le P'tit LU s'est garé devant le commissariat. Le Grand Singe est toujours derrière les barreaux, il joue aux dames avec le Grincheux.
- Bien...

Les lieux, le relief du terrain, le disposition des projecteurs, tout avait été étudié pendant des semaines, chaque mouvement répété des centaines de fois. Je rejoins Chicken, en observant une parfaite synchronisation, comme si nous ne formions qu'un seul et même organisme, nous traversons la route.

Tout se joue en un instant. Chicken dégaine son couteau et le lance en direction du garde le plus éloigné. Sans prendre le temps de regarder si son coup fait mouche, il se précipite vers le deuxième soldat. La lame aiguisée mord aisément dans le cou du malheureux et tranche l'artère principale. Un éclair bleu, un autre orange, un léger bruissement et le bruit de trois hommes qui touchent le sol en même temps. La manoeuvre a duré quatre secondes.


00h11

J'esquisse un faible sourire, prenant conscience de la réussite de la première phase de notre mission et rejoins Chicken, au pied d'un obstacle que nous n'avions pas prévu.

- Quel con !
- Il n'est pas haut. Puis il me semble pas avoir vu de tessons de verre, ni de herse au sommet. Fais-moi la courte échelle et je vais vérifier ça.

Le mur n'est en effet, pas très haut, et nous ne rencontrons guère de difficultés à l'escalader.

00h13

Avant même que je puisse poser un pied sur le sol, un crépitement se fait entendre, à quelque distance de là. Je lâche prise et me rue en direction de la source de lumière, nourrissant l'espoir que mon frère n'ait pas commis l'irréparable.

- Non arrête !

Je reconnais l'homme qui se tient agenouillé devant moi. Sa face livide est éclairée par le puissant rayonnement de l'épée de Chicken, dont le laser flirte dangereusement avec la joue. De faibles gémissements s'échappent de sa gorge et je constate avec horreur l'angle inquiétant formé par son genou.

- Tu comptes beugler encore plus fort la prochaine fois ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
- ... Imbécile ! Cet homme est censé nous aider à nous infiltrer dans le bâtiment ! Sans lui, on peut plier bagages et rentrer à la maison.
- Ah...euh... Et tu comptais me le dire avant ou après que je lui cautérise la figure, en plus de lui avoir émietté la rotule ?

Nous sommes interrompus par un grognement.

- Je peux m'allonger ? Ca fait un mal de chien...

Dans toute la délicatesse qui le caractérise, Chicken envoie son pied dans le dos de l'homme, qui s'étale face contre terre, sans pouvoir cette fois-ci retenir un cri.

- Abruti...
- Tu fais chier.... Faut toujours que tu fasses tout tout seul.
- (soupir) Laisse tomber tu veux ? On réglera ça une autre fois.

J'attrape notre contact par col et le relève sans ménagements, avant de le hisser sur mon épaule. Une odeur de transpiration émane de son torse et embaume l'air à plusieurs mètres à la ronde.

- Trêve de conneries, on y va.

00h18

Nous ne rencontrons personne pendant le contournement du bâtiment et arrivons en à peine deux minutes devant une porte, apparemment blindée, sans poignée.

- T'es sûr que c'est là ? Je vos rien, pas même un contrôle rétinien.
- Laissez-moi faire... Commence par me poser sur le sol.

Doucement, je me baisse puis pose l'homme sur sa jambe valide. Sans la lâcher, je passe mon bras sous son épaule et le rapproche de la porte.

- J'ai besoin de ma main, libère-moi le bras.
- Fais vite.

Ne faire confiance à personne c'était pourtant notre mot d'ordre....

[TO BE CONTINUED]
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MessagePosté le: Jeu Avr 13, 2006 5:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une sonneries d'alarme se met à hurler dans tout le QG. Les projecteurs s'animent et se mettent à balayer le sol avec une efficacité effarante. Déjà, des pas se font entendre de l'autre côté des bâtiments.

- Désolé les gars je...
- Désolé j'ai glissé...

Une odeur de chaire brûlée monte jusqu'à mes narines. L'homme repose par terre, yeux et bouche grands ouverts. Ses mains sont crispées sur son uniforme au niveau du coeur, là où l'épée de Chicken s'est enfoncée.

- Enfoiré !
- Plus de temps à perdre, suis-moi ! Et coupe ton com-link !

Je me lance alors en direction de la portion de mur que nous avons escaladé pour rentrer, Chicken sur mes talons. Trop tard... Une première vague de gardes nous repère et s'élance vers nous. De jeunes recrues, heureusement... Le premier d'entres-eux s'arrête à dix mètres de nous, s'agenouille et épaule son arme. L'imbécile... Il n'ira pas plus loin. Sans m'arrêter de courir, je dégaine mon épée et lui détache la tête des épaules avant qu'il n'ait pu fermer l'oeil pour m'ajuster. Les autres s'arrêtent, nous regardent, hésitent. Chicken non. Il se jette sur eux en poussant un hurlement d'une voix que je ne le lui aurais jamais suspectée. De cinq, le nombre de soldats chute à deux en quelques secondes. Sans réfléchir, j'attrape mon colt, que je ne quitte jamais, arme le chien et en abat un d'une balle dans la tête. Le deuxième s'enfuit. Mon frère est blessé, du sang ruisselle sur son armure.

- Ca va aller ?
- ... Je crois.
- Tu peux courir ?
- Mes jambes sont intactes, tu ne voix pas ?

La réponse m'arrache un sourire, bientôt suivi d'un éclat de rire. Reprenant mon sérieux, je parviens à articuler :

- On y est presque, fonce !

Nous ne croisons le chemin d'aucune autre patrouille sur les quelques dizaines de mètres qu'il nous restait à parcourir. L'escalade se révèle plus ardue que la première fois, Chicken a du mal à lever les bras pour agripper le sommet du mur. Derrière nous, des éclats de voix se font entendre. Un Capitaine ordonne à ses hommes de redoubler d'efforts pour nous trouver. Mon frère réussit finalement à se hisser et se laisse glisser de l'autre côté. Je franchis à mon tour le mur et me retrouve les deux pieds sur le bitume de la chaussée, libre. Tout n'est pas pour autant terminé. Il faut désormais fuir. J'agrippe Chicken à la taille et passe son bras autour de mes épaules pour l'aider à avancer.

- Tu n'entends pas ?
- Quoi ?
- Le bruit d'un moteur...
- Tu sais il y a très peu de chance pour que...

Le vrombissement d'un moteur couvre ma voix et nous nous retrouvons tous deux noyés dans un flot de lumière...

[TO BE CONTINUED]
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MessagePosté le: Jeu Avr 13, 2006 5:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Puis plus rien... Le bruit cesse et nous nous retrouvons à nouveau dans l'obscurité la plus totale.

- Z ?

Silence.

- Z c'est toi ?

Enfin, je reconnais cette voix, pourtant si familière. Dans pareille circonstance, on ne fait plus guère attention à l'identité de l'homme qui se trouve en face de vous. Tout votre esprit est focalisé sur ses moindres faits et gestes et on en oublie parfois même de respirer.

- Mop !

Je prend alors conscience du temps qui s'est écoulé depuis la question de mon interlocuteur.

- J'ai cru que tu allais nous faire une attaque ! Tu étais planté là, les yeux écarquillés, la main sur la garde de ton épée. T'avais même commencé à baver sur ton armure.

En effet. J'essuie le filet de bave qui pends de ma lèvre inférieure et me redresse (car durant cette phase d'extrême concentration, j'avais courbé l'échine et plié les genoux), réveillant au passage toutes sortes de courbatures, dues à la longue crispation de mes muscles.

- Content de te revoir vieux ! Ca fait quoi ? Deux semaines ? Quinze jours que as disparu et que tu ne donnes plus de nouvelles. Je me suis fait un sang d'encre pour toi.
- Je suis désolé Mop, je comptais te mettre au courant puis le temps m'a manqué et... voilà.
- Bah, c'est rien. Au fond de moi, je savais que t'étais en vie et c'était le principal. Tu m'expliqueras tout en temps voulu. Bien que j'en ai déjà deviné une grande partie. (clin d'oeil) Mais ne restons pas là : dans quelques minutes, ça va grouiller de soldats qui se feront une joie de te sauter dessus. Monte !

Alors je porte enfin mon attention sur le véhicule dont s'était servi Mop pour accourir jusque là. Impossible de me tromper : j'ai devant moi une Shelby Cobra, modèle 1967, couleur or, avec les bandes blanches sur le capot. La capote est repliée à l'arrière et l'on peut apercevoir un intérieur cuir, volant trois branches avec grip antidérapant sur les côtés et pommeau de vitesse chromé.

- Elle te plaît hein ?
- Elle est sublime... Tu te rappelles quand on était petits, j'en avais une comme celle-là, en miniature. Un jour tu avais voulu jouer avec et tu l'avais cassée. Je crois que je te pardonnerai jamais.

Nous éclatons de rire au même moment. Euphorie éphémère. Les grognements de Mop nous ramènent à la réalité.

- Qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?
- Ca a chauffé tout à l'heure et Chicken à un peu souffert. Aide-moi à l'installer.
- Je pense à un truc. Si je m'en vais avec vous, on se rendra bien vite compte de mon absence et ma tête sera sur tous les écrans dans trois jours grand maximum. Or il me reste deux, trois choses à faire avant de lâcher prise et de vous rejoindre. Je...
- Tu comptes nous rejoindre ?
- Tatatatata. On parlera de ça une autre fois. Tiens, prend les clés et partez.
- Pour aller où ?
- Tu te rappelles de notre planque quand on était gosses ?
- Elle existe encore ?
- Pour sûr ! Ne tardez-plus ! De mon côté, je vais aller mettre mon grain de sel là-bas pour semer un peu la zizanie.

Et c'est ainsi que nous prenons la route, Chicken et moi, au volant du cabriolet de Mop, en direction d'un endroit dont nous seuls connaissions l'existence.

[TO BE CONTINUED]
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MessagePosté le: Dim Juin 18, 2006 9:52 am    Sujet du message: Répondre en citant

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Plusieurs jours que Mopolopy n'avait pas donné signe de vie. J'avais récupéré des rapports sur l'AT-1 disant qu'il avait été reconnu comme traître et qu'il fuyait, accompagné de..., accompagné de... ZZZ, un ex-Horus, l'un de mes vieux amis... Comme quoi même les meilleurs pouvaient chuter... Quoi qu'il en soit, je ne souhaitais pas porter de jugement sur leurs actes. La seule constatation que je pouvais tirer de toute cette histoire était que deux de mes soldats avaient disparu dans la nature et ne pouvaient nécessairement pas se battre à nos côtés. Deux très bons soldats tant qu'à faire... Espérons qu'il nous reviennent vite...
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