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Nowhereman
Inscrit le: 13 Juin 2007 Messages: 2
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Posté le: Lun Juin 18, 2007 10:17 am Sujet du message: RP du Clan des Yotakas |
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" La Nuit de la Vision "
Les quatre soldats s'arrêtèrent, haletants, les traits du visage tirés à cause de la fatigue provoquée par la longue marche qu'ils avaient entamé il y a plus d'une semaine à présent. Nowhereman s’avança quelque peu et scruta l’horizon à la recherche du quartier général impérial le plus proche, il inspecta furtivement les lieux afin de s’assurer que personne ne les épiait.
D’une voix lasse et monocorde il adressa à ses compagnons :
- Ici c’est très bien, on pourra passer la nuit. On repartira un peu avant l’aube, il va faire frisquet cette nuit alors on partira rapidement et on attendra d’avoir atteint l’objectif pour prendre le temps de se reposer, ça vous va ?
Les autres ne répondirent pas mais Nowhereman devinait qu'ils n'avaient pas d'objections à faire. Il se retourna et vit Doc Reivax et Darium s'asseoir. Ils se trouvaient tout les quatre sur une petite colline, entourée d'une foret compacte, une rivière méandreuse se faufilait tant bien que mal entre les arbres, formant une tranchée à peine perceptible au milieu de toute la végétation : le tableau était agréable. La brise de fin de soirée était agréable, et balayait les visages des quatre hommes paisiblement, le chant des oiseaux, faible et discontinu, apportait une sensation de bien-être envoûtante. Reivax et Darium avaient croisé les jambes dans une attitude enfantine de méditation ce que Nowhereman trouva curieux bien qu'il suivit l'initiative. Il constata que le bruit autour de lui s’apaisait, bientôt il n’entendit plus aucun son émanant de la foret pourtant grouillant de vie à cette heure. Il voulut se tourner vers ses compagnons mais quelque chose l’en empêcha, ses paupières s’alourdirent et il entra alors en transe…
Il se détacha alors de son enveloppe corporelle, qui se tenait à quelques mètres en dessous de lui. Il aperçut un oiseau se poser sur la branche d'un arbre épais et massif, qui se dressait sur le flanc de la colline sûrement depuis plusieurs décennies déjà. Un vide sonore se fit, suivi d'une déflagration impressionnante : l'oiseau avait poussé un cri déchirant l'air comme un vulgaire voile de tissu. Chétif et banal à première vue, le faucon avait prit son envol avec majesté, aisance et rapidité, il se découpait à présent sur le soleil orangé du crépuscule, rétrécissant jusqu'à devenir une tache brune insignifiante à l'horizon. Soudain un second cri balaya la forêt suivi d'un grand flash lumineux qui frappa les soldats de plein fouet.
Pendant un temps, Nowhereman ne vit plus rien. Le temps semblait être arrêté. Un petit bruit de fond, calme et lent, lui parvint aux oreilles. Issu d'un vague flou sonore à l'origine ce son évoluait paisiblement. Nowhereman reconnu des percussions aborigènes, des peintures rupestres flashèrent devant ses yeux sans qu'il n'arrive vraiment à les saisir totalement, des hérauts se firent entendre, des cavaliers en armure passèrent en trombe, un barde chantait une mélodie, une fresque imposante sur un dôme, une tapisserie richement travaillée, des sculptures d'une grande finesse, une musique classique d'un parfait déconcertant, un jazzman tapant du pied pendant son improvisation, un tableau d'art moderne, tout, absolument tout défilait à sa portée, il effleurait de ses sens plus de six millénaires d'évolution. Alors que tout se brouillait pour former une cacophonie de sons et de couleurs, un second flash laissa le jeune homme interdit encore une fois.
Encore une fois ses lui revinrent, il se trouvait dans une énorme salle, dont il ne pouvait pas apercevoir le bout, tout en longueur, creusé à même la roche. Des étagères alignées croulaient de livres tous plus anciens les uns que les autres, Nowhereman se sentit minuscule, il devait y avoir dans cette salle d'avantage de savoir que les bibliothèques contemporaines, de la Renaissance, celles d'Alexandrie, Rome, Athènes lors de leur apogée. Un troisième flash éblouit le jeune homme alors qu'il épiait avec curiosité les hommes qui s'affairaient autour des ouvrages.
Nowhereman se redressa, il se trouvait à présent sur la colline où il s'était assoupi, le paysage avait changé, la forêt était incendiée de partout et les flammes léchaient la végétation qui s'évanouissait dans la fournaise en crépitant. Une centaine d'hommes en arme se trouvait en contrebas, soudain un homme le traversa comme s'il n'avait pas de consistance, il vint se placer quelques mètres devant lui. Nowhereman entre aperçut son visage et resta cloué sur place : cet homme, c'était lui...
Son visage était plus marqué, il était sûrement plus vieux d'une dizaine d'année, mais le regard pétillant, les cheveux d'un blond paille et le menton lisse ne laissaient aucun doute possible. Un bandeau rouge barrait son oeil gauche et entourait ses cheveux, il devait être borgne. Il prit la parole et une sorte d'aura semblait émaner de sa personne :
- Aujourd'hui les forces coalisées des trois armées veulent notre mort. Aujourd'hui est le dernier jour de notre grande famille, ce soir nous reposerons sûrement tous dans le même caveau. Soldat n'oubliez pas ce pourquoi vous avez décidé de nous rejoindre. L'Humanité toute entière veut notre mort car notre unité et notre savoir ont révélé à quel point elle était barbare et désunie. Que chacun garde cela en tête, et s'il lui ai permis de survivre alors qu'il tente à nouveau de reformer notre armée du savoir pour que notre combat jamais ne se termine.
Les acclamations des soldats retentirent, soudain les premiers obus de mortiers fusèrent, la bataille allait s'engager. Une ogive tomba à quelques pas de Nowhereman, il s'évanouit.
A son réveil, tout était redevenu normal. Ses oreilles bourdonnaient et sa tête tournait, il tenta de se redresser mais en vain, il retomba sur son séant, pensif. Il écarquilla les yeux sous l'effort et jura pour se remettre les idées en place, quand on a que ça on s'en contente bien souvent.
- C'était une vision. J'en ai souvent entendu parlé, surtout dans civilisations antiques avec les oracles, je n'aurai jamais cru que j'aurai pu en avoir une, généralement tout ce dont je me souviens pendant mes rêves c'est de l'endroit où j'ai paumé mes chaussettes dans la journée.
Cette remarque détendit quelque peu l'atmosphère, la curiosité commençait à l'emporter. Tous avait été soufflé par l'évènement étrange qui venait de se produire, et qui avait tissé un lien fin, invisible mais indestructible entre leurs existences. Interloqué, Nowhereman demanda :
- On a bien vu la même chose n'est-ce pas ? La... la connaissance suprême ou quelque chose s'en rapprochant, ensuite j'ai vu une énorme bibliothèque, des personnes qui s'y affairaient, c'était impressionnant, puis une armée de mercenaires... non, d'hommes libres plutôt dirigés par...
- Oui, moi aussi je me suis vu dans cette bibliothèque, je cherchais un ouvrage, capital. Vous n'avez sûrement pas vu la même chose, c'est ce qui se passe dans les visions collectives. Plusieurs choses m'ont frappé dans cette vision, l'homme qui dirigeait la troupe, quelle aura ! Il me paraissait familier c'est cela qui me semble étrange, mais après tout qu'est ce qui relève du domaine de l'étrange dans une telle vision. Je pense que nous avons eu affaire à une vision prémonitoire, ce que nous avons vu va se passer, ou est voué à devenir.
On rapporte que parfois toute une ville hellénistique avait reçue la même vision et que pourtant personne ne s'était mis d'accord sur ce qu'ils avaient vu, quoi de plus normal, une vision est unique. J'ai vu aussi un homme familier, qui commandait ces hommes libres dont je faisais parti. C'est passionnant, nous mettrons sûrement des mois et des mois avant de comprendre la portée de cette vision. Mais partons, nous n'avons plus rien à faire ici, je crois qu'il nous faut nous diriger vers la région des anciens temples indiens, si certaines personnes peuvent nous éclairer sur cette vision ce sont bien les descendants des bouddhistes.
- Nous devons d'abord en parler à Torpille, si un homme peut nous porter assistance c'est bien lui, il nous comprendra.
Les autres acquiescèrent. Nowhereman s'était tu à l'évocation du chef de la troupe qui avait pris la parole pour enhardir ces hommes. C'était lui il en était sûr, peut-être les autres ne le savaient-il pas, peut-être était-ce mieux ainsi. Il avait l'impression d'être le pantin de choses qui le dépassaient et dont il serait pourtant acteur, acteur de la fondation d'un Ordre nouveau. Il resta cloîtré dans ses pensées tout en reprenant sa route. Les gazouillis des oiseaux avait repris.
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Nowhereman
Inscrit le: 13 Juin 2007 Messages: 2
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Posté le: Lun Juin 18, 2007 10:23 am Sujet du message: |
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" L'Ultimatum " [/size]
Quatre hommes non rasés, quatre visages austères et froids, assez impressionnants, scrutaient les quartiers de l'Etat Major sélénite. Ils s'avancèrent dans un complexe qu'ils connaissaient par coeur, prirent une suite interminable de couloirs et arrivèrent devant une grande porte. Le code secret, tout personne connaissant quelque peu le maréchal lunaire le devinait, ils composèrent les 48 chiffres et entrèrent dans le bureau du plus respecté des officiers de la Force Lunaire. Nowhereman s'avança vers le fond de la pièce, les trois autres ne bronchèrent pas, il se retourna vers eux d'un air interrogateur :
- Vous ne venez pas ?
- Non, vas-y seul, c'est à toi de le lui dire, il comprendra très bien nous restons là t'attendre.
Il ne se posa pas plus de question, et s'avança vers l'homme se tenant dans une large chaise, qui venait de se retourner en s'arrachant à ses cartes, ses documents officiels, ses lettres de promotions et autres réjouissances. Son visage n'avait pas beaucoup changé en quelques mois de fonction, il avait conservé cette finesse prononcée et sagesse qui émane d'habitude des hommes âgés aguerris par la vie. Nowhereman ne lui donna même pas le temps de lui demander ce qu'il faisait là :
- Nous sommes ici car nous avons décidé de fonder un autre ordre, car nous sommes obligés de fonder un autre ordre, et j'ai besoin de toi Torpille pour mener à bien la mission qui nous a été confié, je ne sais trop comment.
Torpille regardait son interlocuteur avec détachement, il se demandait bien dans quelle secte obscure Nowhereman était tombé pour s'adresser à lui avec autant de détour, mais néanmoins il retrouvait bien face à lui l'officier-gamin qui avait fait ses preuves sur la Lune, il y a maintenant plus d'un an de cela.
- Bien, assied-toi, nous allons parler un bon moment mais j'ai besoin que tu m'expliques ce que tu attends de moi.
- Soit, mais écoute bien ce que j'ai à te dire, cette discussion ressemblera plus à un ultimatum qu'à une scène de retrouvailles entre amis, c'est ainsi que cela doit être, ne m'en tient pas rigueur.
Torpille acquiesça pour dire qu'il comprenait, et Nowhereman lui raconta alors ce qu'il avait vu sur la colline, la tâche qui lui était confiée. Plusieurs heures passèrent, les deux antagonistes enchaînant argument sur argument, ils passaient d'un sujet à l'autre, parlaient de responsabilités, de l'avenir de la Force Lunaire, de l'Humanité, de la Connaissance, ils écumèrent tout les sujets possibles, et petit à petit, se rassurèrent l'un l'autre, et retrouvèrent la confiance qui régnait entre eux autrefois. A la fin de l'échange, Torpille dit alors avec calme :
- Ecoute, dorénavant je te donne le commandement de la première section paramilitaire sélénite, libre à toi de mener tes hommes comme tu le souhaiteras, aucune affiche ne sera placardée, aucun avis de recrutement ne sera fait en public, aucun lunaire ne sera pris à témoin de tes agissements, sans quoi je te proclamerai traître sur-le-champ. Tu as choisis ta voie, je ne t'empêcherai pas de réaliser ce que tu penses avoir à faire, si tu as besoin d'une oreille et d'un cerveau, alors tu sais où me trouver.
Nowhereman regarda dans les yeux de son ancien maréchal, à cet instant il l'admirait vraiment, pour tout son sens des relations humaines, pourtant en quittant son bureau, selon les closes qui venaient d'être passées, il ne serait plus son allié, rien ne les reliait à présent, pourtant cette séparation laissait un goût amer au jeune soldat plein de fougue. Il se leva lentement, détacha une à une les insignes et décoration qu'il portait sur son uniforme, la lune de bronze, la lune d'or, la médaille du mérité des officiers, ainsi que son enseigne de Lieutenant et les posa pêle-mêle sur le bureau du maréchal. Il se leva, marcha en direction de la porte et s'immobilisa au palier.
- Euh... Merci... Torpille
- Bonne chance à toi Nowhereman
Le blondinet quitta la salle, une larme perla sur le coin de sa joue mais il se sentait libre et heureux, il quittait la Force lunaire, celle avec qui il avait marché plusieurs années durant, la famille qui l'avait supporté dans les coups durs, l'Entité qui lui avait insufflée la force de se battre. Au même moment, le maréchal de la force lunaire passait ses mains dans ses cheveux, il restait pensivement dans ce fauteuil trop grand pour lui, dans ce bureau austère qu'il arrosait de son travail, quand il le voulait bien. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, grandissant lentement.
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