Sephiclad Administrateur


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Posté le: Mar Avr 03, 2007 5:16 pm Sujet du message: Revolution |
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Hilary (L-?-135)
Cecil
Fous, ils l'ont libéré.
Pendant des années de lutte inutile, ils ont continué à se battre, inutilement, entre eux. Jamais ils ne disparaissaient, jamais ils n'ont compris que le sort était scellé depuis que les grands avaient fondé leurs ordres, et depuis qu'ils avaient organisé leur propre éternité ... Pour toujours, ils s'étaient condamnés. Mourir, et encore, pour toujours recommencer, sur le même chemin.
Le passé, ils l'ont libéré. Fous. Eternels, pourquoi ? Ils ont préféré leur vilaine curiosité, si humaine, si personnelle, à leur éternité. Seuls les plus grands ont choisi cette voie, et tous en ont subi les conséquences. Chaque jour de leur inutile vie, ils auraient pu continuer à vivre, à profiter de ce qu'ils avaient, misérables qu'ils étaient, mais ils ont voulu jouer à l'Homme, celui qui montre, questionne et prouve. Celui qui est apparu par hasard, et qui disparaîtra par lui même.
La Lune, blanche colombe, posée dans l'infini vide, surplombait celui qui sera leur clé, le symbole de leur chute. Hurlant à l'agonie, se frappant du poing, il offrait son âme. Une magie si intense lui parcourait le corps, ses yeux révulsés orientés vers le météore. Car c'était bien devenu un météore, immense astre qui, pour un oeil faible, ce soir là, paraissait emplir de plus en plus les cieux, engloutissant les étoiles dans son champ de vision. Les simples lignes encore scintillantes rejoignant son corps meurtris et les plaies rougeoyantes, que ce soit sur Terre ou sur lui, brillaient en réfléchissant la lumière renvoyée de la Lune.
S'éclatant comme une boule de billard, les deux compagnes entrèrent en collision au milieu même du cercle tracé dans le sang damné. La Lune, après des temps gravés dans l'espace, avait quitté son orbite.
Mais au lieu de tout simplement exploser et de s'éparpiller comme un simple corps celeste, la Terre s'ouvrit. Comme une simple poterie, qui au lieu de s'émietter et de dissoudre, se disloquait de l'intérieur. Craquelée en son sein, elle se séparait de ses anciens éléments, qui restaient en attraction avec son coeur. Mais rien ne se brisa, ne se fendit ou ne disparut, pas un seul être n'eût les yeux fermés à jamais, la coquille de la Terre venait simplement enfin de se briser.
Telle la boîte de Pandore, le Chaos venait d'être libéré, trop longtemps enchaîné. Le misérable humain, bien trop faible pour comprendre ce qui venait d'être fait, serait condamné pour son acte, et ne pourrait que trop regretter toute sa trop longue vie de n'avoir su ce qu'il faisait. Condamné, il souhaiterait que quelqu'un vienne, et répare tranquillement ses méfaits. Condamné, à jamais, il ne pourrait contrôler tout le pouvoir qu'il avait libéré, libéré tout le mal que le monde ait pu endurer. Trop longtemps l'accumulation de souvenirs maudits, de cauchemars se sont liés dans ce magma incompréhensible qu'était le centre de la planète.
L'univers lui même, crée par ce Chaos, était en phase d'être attaqué, supprimé, purement éliminé. Sans contrôle, le Chaos disparut de lui même, comme un souffle qui sortirait de son oeuf pour être pris dans un coup de vent, petit élément de la nature qui semble si inoffensif, aléatoire et commun. Sa puissance avait changé le cours du Temps, le Temps lui avait pris sa puissance. Pour plus tard.
Restait un monde séparé, gravitant de ses cinq morceaux autour d'une lune intacte mais plus chétive, comme diminuée face à ces immenses morceaux de vie flottant autour d'un axe conique autour d'elle. Les fragments qui furent le cachot du magma noir étaient eux même de cette couleur vide, hostiles et recouvert d'un côté plat par ce qui était le terrain de jeu de l'homme, son enclos. L'accumulation d'eau, accompagnée des frottements face à la puissance du Chaos, créa de formidables orages électriques, reliant les résidus de vie entre eux par des arcs bleutés apparaîssant aussi soudainement qu'ils s'enfonçaient dans le néant noir de l'Inférieur. L'oeil amusé du Soleil put alors s'amuser à créer la Brume qui entourerait l'Homme dans ce qu'il avait créé de mieux : un monde à contrôler. |
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