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La bataille d'Australie...

 
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Historien
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MessagePosté le: Ven Sep 15, 2006 11:55 pm    Sujet du message: La bataille d'Australie... Répondre en citant

10 juin 2156

Citation:
La situation sur la Lune est préoccupante, l’Alliance Terrestre semble être bien implantée dans la zone de terraformation expérimentale et le Grand Empire est toujours une menace sérieuse. Si le Sénat ne fait rien, la Lune sera bientôt en fâcheuse position. Cela équivaudrait à laisser la Terre en pâture aux rêves de domination de l’empereur Viktor et de l’Alliance Terrestre.
Les Forces Lunaires sont contrées par l’arrivée massive et continue de renforts ennemis, il faut absolument trouver un moyen de couper ce flux.
C’est alors que le Sénat envisage une opération audacieuse : un assaut sur la Russie occidentale, patrie du Grand Empire, suffisamment proche de l’Europe pour inquiéter l’Alliance Terrestre.
Les débats sont houleux, certains y voient la seule chance de s’en sortir, d’autres plus méfiants sont réticents, dégarnir les fronts pouvant être suicidaire.



14 juin 2156

Citation:
Au terme de plusieurs jours de débats âpres et enflammés, le Sénat signe la résolution 17760. Elle ordonne l’envoi d’une force armée de 250 000 hommes en Russie occidentale.



Le 24 juin 2156

Citation:
Une partie de la Force Lunaire débarque en Russie et prend le contrôle des villes d’Ekaterinbourg, Serov, Berezniki et Perm. Les divisions alliées implantées en Finlande sont immédiatement déployées et s’emparent des villes de Saint-Pétersbourg, Novgorod, Konocha et du port d’Arkhangelsk. La bataille de Russie peut maintenant débuter.

L’opération lunaire est un franc succès. Sur la Lune, les fronts se sont stabilisés, l’armée lunaire cesse de perdre du terrain et remporte même quelques victoires.

Le commandant Grendel est promu au rang de Maréchal de la Force Lunaire.

Les combats font rage en Russie.

L'imposante armée de l’Alliance Terrestre gagne du terrain et s’empare rapidement de la moitié Nord de la région pendant que le Grand Empire et la Force Lunaire se livrent un combat sans merci pour le contrôle de la zone Sud.
Mais l’armée du Grand Empire est destabilisée par de farouches luttes intestines, nombreux sont les hommes qui veulent s’attirer le regard de l’Empereur...



24 août 2156

Citation:
La situation est telle que l'Empereur Viktor décide d’intervenir. Il organise une rencontre secrète avec le maréchal --Kery--.
Son objectif : Faire diversion et attaquer l'Australie. Les discussions sont ardues, les négociations difficiles mais au soir de ce jour, un accord est trouvé. Le Grand Empire est contraint de restituer à l’Alliance les territoires d’Amérique du Nord qui étaient sous son contrôle ainsi que la zone de sécurité de New York. En échange de quoi, l’Alliance Terrestre s'engage à évacuer ses troupes de Russie. Un pacte est officiellement signé, validant ces décisions.

L’opération « Wallaby sauvage » débute...



26 août 2156

Citation:
Un satellite lunaire détecte un important mouvement de troupes entre la Chine et l’Indonésie. Inquiet, le Sénat envoie ses diplomates auprès de l'Empereur Viktor pour obtenir des éclaircissements sur la situation. Ce dernier leur explique que ces mouvements de troupes sont destinés à protéger l’Indonésie d’un assaut massif de l’Alliance Terrestre au départ du Japon et de la Nouvelle Zélande, ce que semblent confirmer les derniers rapports signalant un important rassemblement d'avions de transport alliés dans la zone.
L'Empereur profite de cette rencontre pour demander un pacte de non-agression permettant le rapatriement des troupes Impériales encore positionnées sur la Lune, arguant de la nécessité de sécuriser en priorité le territoire indonésien.
Redoutant un piège, le Maréchal Grendel est réticent mais le jour même, les accords de Beijing sont signés.



27 août 2156

Citation:
Les troupes Impériales quittent la surface de Sélène, le Sénat se félicite d’avoir signé ce pacte. N’ayant plus qu’un seul ennemi à juguler, les lunaires reprennent l’avantage. Ce n’est plus qu’une question de mois avant que les soldats Alliés soient définitivement chassés de la Lune. L’envoi de renforts sur Terre reprend, sur ordre du Maréchal Grendel. Les soldats lunaires sont envoyés en Australie et mis à la disposition du Commandeur qui a pour mission d’assurer la défense du continent.




Dans la nuit du 5 au 6 septembre 2156

Citation:
Le Grand Empire dirigé par le Maréchal Temor, nouvellement nommé, lance un débarquement sur la côte Nord de l’Australie. En parallèle, des parachutages de divisions entières de troupes alliées aéroportées sont signalés.
Malgré des effectifs renforcés les Forces Lunaires sont balayées et les deux armées établissent une tête de pont sur le continent.
D’énormes moyens logistiques sont mis en place et en quelques heures, le nombre de soldats du Grand Empire et de l’Alliance Terrestre sur le sol australien passe d’à peine 7 000 hommes à plus de
60 000. Le Commandeur en poste estimant l’incident mineur est persuadé de pouvoir repousser les envahisseurs. Il décide de ne pas prévenir ses supérieurs et impose un black-out complet sur la situation.
Rapidement, il déploie ses troupes pour stopper le Grand Empire et l’Alliance Terrestre qui commencent à s'engager dans les terres.
Hélas ! les bataillons lunaires essentiellement composés de recrues récemment engagées manquent cruellement d’entraînement et ne parviennent pas à contenir l’invasion.



7 septembre 2156

Citation:
Le Commandeur ne peut se résoudre à l’évidence. Il ne prend pas conscience de son incapacité à repousser le Grand Empire et l’Alliance Terrestre et informe partiellement le Sénat et le maréchal Grendel de la situation.
Celle-ci est ingérable : Le Grand Empire a pris possession d'une partie de la côte Nord sur laquelle des renforts en hommes et en matériel arrivent sans discontinuer.
L’Alliance Terrestre a regroupé ses troupes à l'intérieur des terres et se prépare à passer à l'offensive.
Dès l'arrivée de la nouvelle, le Maréchal Grendel quitte, sur le champ, la Russie et s'installe dans une villa de fonction pour analyser la situation.



8 septembre 2156

Citation:
Le Commandeur est immédiatement appelé à comparaître devant une commision d'enquête locale. Le jugement est expéditif, les preuves sont accablantes et l’accusé lui-même plaide coupable. Il est condamné aux corvées de chiotte à vie, 22h avant l’arrivée du maréchal sur le sol Australien pour un debriefing.



9 septembre 2156

Citation:
La villa de fonction du maréchal Grendel est bombardée. La situation se révèle au grand jour. En quelques heures, les renforts lunaires débarquent sur la côte pacifique et sauvent in extremis le continent.
L’état-major lunaire déploie ses troupes, la bataille d’Australie commence...
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MessagePosté le: Ven Sep 15, 2006 11:56 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Grendel (L-H&K-64)






Australie, Nouvelle Galles du Sud, 20h00

Le Maréchal Grendel s’était retiré discrétos dans sa demeure de fonction à White Cliffs, loin loin loin des combats qui ravageaient la Russie. Mine de rien, on commençait à se les geler là bas, et il apprécia d’autant plus la brise tiède du soir.



Depuis longtemps, les maisons troglodytes de l’ex gisement d’opales étaient devenues des résidences fortifiées pour les plus hauts gradés. Certains arrivaient même encore à arrondir leur fin de mois, en grattant les murs avec les cuillères de l’argenterie d’époque 1903.



Mais le maréchal Grendel avait bien plus urgent à faire. Il devait déjà songer aux médailles qu’il allait s’octroyer pour la campagne de Russie. La « Gold Moon » ? Non… trop voyante ! « Décoration pour les soldats ayant survécu au débarquement lunaire en Australie » ? Non… son jet privé s’était posé sans encombre tout à l’heure. « Médaille d’Honneur de la Légion d'Honneur » ? Non, c’était trop d’honneurs. « Ordre de la …

<BOOOOOOM>

Quand soudain, une violente explosion le tira de sa rêverie. La déflagration de mine avait eu lieu à moins de 100 mètres, des débris de poils volaient encore en tout sens. Des mitrailleuses servomotrices arrosèrent ce qui restait. Instinctivement, Grendel porta son regard vers sa future plantation de cactus. Tout allait bien, le petit Arthuro était encore là, taillant les jeunes pousses avec sa serpette – serpolette pour le canard -, couinant à chaque faux geste qui lui valait une épine plantée dans ses doigts nus, hurlant cette fois-ci puisqu’il avait carrément sursauté.
« - Tout va bien Arthuro ?
« - Oui monsieur ...
« - A taaaaaaable…. :’)
« - Dépêche-toi de finir de planter ton dernier hectare, car tu dois encore les arroser …
« - Oui monsieur ...
« - Et si tu ne te dépêche pas, ta fondue savoyarde va être froide…
« -

Le regard de Grendel se reporta vers la zone dévastée.
Saloperies de Kangourous… ils se rapprochent de plus en plus… Un jour ils auront ma peau !

Grendel tourna son regard vers l’horizon crépusculaire, et ses pensées s’accaparèrent de nouveau les tâches que requéraient ses hautes fonctions. Quelle décoration pouvait-il donc bien…
<BOOOOOOM> ratatatatatatatata !
« - SALOPERIES DE KANGOUROUS DE MERDE !! VOUS LE FAITES EXPRES OU QUOI, DE SAUTER A PIEDS JOINTS SUR MES CLAYMORES !?!
<BABOOOOOM>
« - NOM DE ZEUS DE NOM DE ZEUS ! JE M’EN VAIS LES BOXER CETTE FOIS !

Grendel s’en retourna vers la maison, chercher sa M249 d’apparat. Lorsque derrière lui, les explosions redoublèrent d’intensité, accompagnées de sifflements caractéristiques : un bombardement !

Les obus explosèrent, les claymores réagirent en chaîne, les cactus volèrent en éclat…
« - Mes plantations ! Noooooooooon
Les mitrailleuses tirèrent dans le tas, le petit Arthuro courut vers la maison, couvert d’éclats de cactus
« - Mon esclaaaave ! Noooooooooon
Un pan du garage en feu s’effondra, Tekila en surgit aux commandes d’un tractopelle.
« - La jeep et l’ADAV sont nazes ! Montez, ON S’ARRAAAAAACHE !
Un troupeau de Koalas fuyait entre les détonations, courant vers le tractopelle
« - Attendez-nous attendez-nooouuuus !
Grendel prit un petit Arthuro braillant sous le bras, se planta un cactus sous l’aisselle, jura, lâcha Arthuro dans la caillasse en lui collant une baffe, grimpa dans le véhicule, et Tekila démarra sur les chapeaux de roues en écrasant tous les koalas.
« - Mon élevage! Noooooooooon
Une bombe à fragmentation éventra un gigantesque bâtiment préfabriqué. Une avalanche de neige déferla de son mur éventré, ensevelissant une batterie de DCA en pleine action.
« - Ma piste verte ! Noooooooooon
Le véhicule s’éloigna dans un paysage autrefois désertique, désormais apocalyptique. Tekila se guidait aux infrarouges sur la route noyée dans un nuage de poussière, Grendel actionnait le bras du tractopelle pour retirer les claymores survivantes à la vitesse de l’éclair, le petit Arthuro s’était coincé le pantalon sur l’attache remorque et se fit traîner sur cinq cent mètres.
« - Attendez-mouaaaaaaaa


Une heure plus tard …
Le tractopelle avait parcouru son dernier kilomètre en roue libre, dans une pente, le réservoir à sec. Puis il avait embouti la citerne d’essence d’une station service. Arthuro était brûlé au 28è degré, Grendel avait sauvé l’autoradio, Tekila la bricolait pour en faire un émetteur.

« - ksssshhh… et des vents violents ont déporté les nuages et les parachutistes de l’alliance vers le centre des terres, sauvant New Sydney d’une attaque surprise … ksshhhh … lunaire tient la côte pacifique. La population se sent rassurée et loue la délivrance que lui apporte ses valeureux soldats … kshhhh… banc de moule … ksshhhhh… mauvaise surprise pour les gardes côtes de Port Hedlard, lorsque le chalutier qu’ils comptaient inspecter s’est avéré être un porte-avion battant pavillon impérial, et que les voiliers tout autour se sont révélés être des cuirassés de combat. La capitainerie est sans nouvelle du… ksshhhh
« - Ca y est, on peut émettre !
« - Ah pas trop tôt ! Passe-moi l’état major steuplé…
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MessagePosté le: Dim Sep 17, 2006 2:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

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2147, 93 jours avant le débarquement stratosphérique lunaire, au commandement général des Forces Lunaires Libres.

L’homme était plutôt mal à l’aise. Seul, il faisait face au gratin de l’Etat-Major lunaire. Quelques sénateurs commissionnés auprès du Ministère de la Défense se tassaient dans leurs fauteuils ; eux aussi semblaient dans leurs petits souliers et cela rasséréna l’homme. Un semblant de sourire effleura ses lèvres, mais la voix d’un quelconque général de corps d’armée le ramena bien vite à la réalité.
« - Je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de si amusant ! Vous pourriez peut-être nous faire partager votre joie ?
- Excusez-moi général, une idée qui me traversait l’esprit…
- Nous ne vous payons pas –fort cher au demeurant- pour penser ! Mais pour nous fournir le soutien logistique dont nous avons besoin ! Nous vous PAYONS pour que les armes nécessaires à l’invasion de l’Australie soient présentes, prêtes, en état de fonctionnement, cachées et à leur place lors que nous arriverons ! Nous vous PAYONS pour que tout soit prêt ! Et c’est très loin d’être le cas, d’après ce que nos satellites ont pu nous dire. Dites-nous donc ce qui vous semble si drôle ?
- Mon général, les armes seront prêtes. Vous n’êtes pas sans savoir que le commandeur d’Australie a reçu très récemment un certain nombre de contingents en renforts, et ce, afin de réprimer les différentes émeutes et révoltes de l’est du pays. Cela nous complique la tâche…
- Et que faites-vous donc de l’argent que nous vous transmettons ? L’argent arrange tout ! Corrompez des gardes, payez des patrouilles, recrutez du matériel et du personnel, débrouillez-vous ! Si le support logistique demandé n’est pas en place au jour J… nous vous en tiendrons comme étant personnellement responsable. Suis-je clair ?
- Très clair, mon général.
- Parfait. Vous pouvez donc disposer. »


« Vieux con » pensa l’homme en sortant. Le penser représentait déjà un danger ; le dire, ne serait-ce même que le murmurer lui aurait sans doute été fatal.
« Quel petit crétin, je déteste travailler avec des civils ». Le général, lui, ne se gêna pas pour exprimer son opinion à haute voix.


« - Alors, ce rapport ?
- Comme tous les autres : on bosse pas assez, on ne sera jamais prêts à temps, je passe sur le reste. »
L’homme était de retour sur Terre, dans son pays. Dans la fabrique d’armes où il travaillait, le hasard des affectations l’avait fait placer auprès d’un allié précieux. Ingénieur en physique nucléaire avant la guerre, la suprême stupidité de l’administration l’avait parachuté ici, sur cette chaîne de montage, à côté de l’Homme. Depuis, ils n’avaient eu de cesse de placer leurs espoirs dans la Lune, si proche et si lointaine. Mais ils doutaient à présent.
« - Dis…
- …
- Ca va vraiment aller mieux, une fois qu’ils seront là ?
- …
- Qu’est-ce qu’on fait alors ?
- … On va cacher des armes.
- Oui, mais après ?
- On va cacher d’autres armes. Au cas ou.
- … »

2165, Australie, au centre de commandement lunaire.

Le maréchal Grendel était habitué aux colères du vieux général. Bien sûr, il pourrait lui rappeler que leurs grades respectifs font de lui un supérieur direct, mais il n’avait pas le cœur de le faire. Il recommença donc à écouter :
« … and je pense que ces petits merdeux nous ont doublés ! Les vaches, les communistes, les… Les…
- Calmez-vous, général, c’est mauvais pour votre cœur…
- Maréchal, vous ne semblez pas comprendre ! Les armes ! NOS armes ! Cachées à notre insu, à la disponibilité de n’importe qui !
- Général, ces armes ont huit ans déjà. Elles sont complètement obsolètes et sûrement rongées par les moisissures, l’humidité et la rouille…
- Mais les plans ! LES PLANS ! Ils ont une valeur inestimable ! Ils sont sans prix ! Des années de recherches lunaires, enfouies sous le sable !
- Général ? Pourriez-vous, je vous prie, me rappeler qui a donné l’ordre à la foisde décider d’utiliser sans en avertir le Haut Conseil des documents classés secret défense, de les sortir du territoire et de les transmettre à des civils ? Réfléchissez avant de répondre, je vous prie.
- Je… Nécessité faisait loi et… Peu importe. Nous DEVONS les retrouver !
- C’est ce que je pense aussi. Rompez. »
C’était la première fois que le maréchal se trouvait aussi énervé après avoir parler avec l’un de ses subordonnés. « Hospice, quand tu nous tiens… ». Bref. Il y avait plus urgent, apparemment.


La veille, dans la nuit, au front, côté impérial.

« - Colonel ? Vous connaissez les CRS ?
- Tu veux un coup de tonfa ou quoi ?
- Merci, non. Le… Attendez… Comité Révolutionnaire Subversif, donc, vous connaissez ? »
Le colonel se mit à le regarder vraiment bizarrement. Dans ce cas, il n’y avait pas 36 solutions. Le soldat recula donc de trois pas et rajouta précipitamment :
« - C’est pas moi, hein, promis ! J’ai juste trouvé ça sous une pierre, c’est tout ! Je vous jure que c’est vrai !
- Passe-moi ce papier. Oui, je connais ce groupe. Et c’est pas ce que j’appellerai un bon souvenir… »

Le colonel contacta immédiatement son Etat-Major, et lui transmit sans plus attendre le document en question.


Le matin suivant, à l’autre bout de l’Australie, côté Allié.

A l’aube, le rituel suit son cours : la garde de nuit s’effondre dans leurs couchettes respectives, la garde de jour prend son service, la mine grisâtre et un goût de café dans la bouche, et un soldat allié grand amateur de bière annonce toujours la même grande nouvelle :
« - Je vais pisser !
- Ouais, ben t’appuie pas sur un cactus comme hier… »

Un évènement, cependant, devait bientôt briser la monotonie matinale. Le soldat revint, tenant à la main un morceau de papier, détrempé.

« - Mon colonel ? J’aimerais vous montrer ceci…
- Vous vous foutez de moi ? Allez jeter ça et au front, je vais vous apprendre à faire le mariole !
- Mon colonel, je sais bien que j’ai p… Enfin, que je me suis soulagé sur ce papier… Mais je ne m’en suis rendu compte qu’après ! Et puis regardez plutôt ce qui est dessus, on dirait un morceau de carte ! »

Lors que Kery reçut ce document, il crut lui aussi que son colonel se foutait très clairement de sa margoulette. Ce torchon jaunâtre et vaguement humide contenait cependant des informations capables d’intéresser n’importe qui un minimum renseigné…
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