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L'histoire Des Anges Déchus

 
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Inscrit le: 02 Jan 2006
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MessagePosté le: Lun Jan 02, 2006 9:06 pm    Sujet du message: L'histoire Des Anges Déchus Répondre en citant

Elbereth et Gilthoniel regardaient s'élever la fumée dans le ciel du QG20 (Bogota). C'était le QG 17 (Alger) qui flambait.
En mission au QG 20 ils observaient leur base se faire submerger.
Le Colonel Marcus avait donné l'ordre d'évacuation depuis plusieurs heures déjà. Mais le tube était tombé. Et leurs frères les cadets de Sainte Nébuleuse tombaient sous les balles des Impériaux. Quelle cynisme pensaient-t-ils, des cadets à peine dégrossis à l'entraînement contre la FO au grand complet.
Et ils n'étaient même pas là bas pour aider le Colonel Roda dans l'organisation d'une dernière défense et la réouverture du tube pour tenter de sauver les cadets encore en vie.

Le destin s'acharnait sur tout ce qui porte le nom sacré de Nébuleuse....

Elbereth et Gilthoniel maudirent la FO et jurèrent sa perte sur le nom de Nébuleuse.

(…)

Par radio.

Ici le Colonel Roda.
Le sergent Trefort et moi sommes parés à tuber. L'opération de sauvetage est terminé. Le tube sera fermé dans quelques secondes. Nous sommes isolés d'une partie des cadets. Ils devront tenter leur chance à pied.
Over

Au moins pensait Elbereth en écoutant le message du Colonel Roda qui sonnait le glas à l'opération de sauvetage et par là aussi à ses frères cadets, isolés, au moins nous avons pu nous en sortir sans trop de casse grâce à lui est Tréfort.

Il retourna vers le petit groupe de ST qui était avec lui au 20.

- Allez on reprend l'entraînement, on a un QG à reprendre alors pas de mollassons à la ST. Si vous voulez leur botter le cul il faudra dépasser les 30 vs !!!

(…)

- Comment ça trop gradé ?!?
Elbereth criât dans sa radio, au milieu des grésillements, à son correspondant, Gelagash son Colonel.
- Comment ça trop gradé ? Pourquoi devrions nous partir de la ST ? Parce-que nous sommes Caporal – Chef ? ….. Criiiiishhh
- Désolé, ordre su Général Matt, la ST est une compagnie d’entraînement pas de combat, à mon grand regret.
- Mais on ne veut pas partir, il doit y avoir un moyen ..
- Désolé je peux garder que deux instructeurs et ils sont déjà choisis. Tentez votre chance à la LN ils ont besoin de gars motivés comme vous. Désolé. Crissshhhh.
- …. Euh … Merci … Sccrraaaashhh … Over…
Cette fois ils étaient vraiment sans affectation, sans chef, sans compagnie, sans but. Au milieux des blessés qui revenaient du front à Buenos Aires (QG 19), Elbereth et Gilthoniel erraient, hagards, abasourdis par cette nouvelle, coupés de leurs frères cadets par la hiérarchie.
Et c’est au bout de deux jours de cette errance dans les rues de la capitale lunaire qu’ils rencontrèrent Daidoji pour la première fois.
Durant leur « absence » de la réalité, une audacieuse opération, menée par le Lieutenant Bob (Compagnie de l’Eclipse) avait mené à la prise de la Capitale Alliée, les combat y faisaient rage, l’élite de la Force Lunaire y combattait.
Le port de Daïdoji était altier, son visage fier et son charisme relevait les cœurs, même les plus défaillants. Sa voix résonne encore dans ma tête…
- On a besoin de renfort pour Nuuk ! Tous les soldats sans affectations doivent s’y rendrent ! Allez tubez pour l’opération du siècle ! EH les jeunes vous faites quoi ici ?
Vous avez une affectation ?
C’était comme si le mur qui nous maintenait dans notre mutisme venait de se briser, laissant passer la lumière, la rumeur des combats et de la gloire…
- Non Adjudant, on est sans affectation ni compagnie…
- Alors venez avec moi ! Vous pourrez racontez plus tard, j’étais avec le Lieutenant Bob et le Général Matt à Nuuk !!!
On a besoin de soutient médical, ça chauffe pas mal là bas. Vous serez parfait.
Trop brisés intellectuellement pour résister à son charisme, ils le suivirent jusqu’à un petit groupe d’hommes, des hommes du rang comme nous mais aussi des officiers en retard ou qui voulaient prendre par à la fête.
Une demi-heure plus tard, après un passage à l’armurerie, c’était le tube. Quinze dans le compartiment, serrés, stressés, sentant le combat approcher tandis qu’on traversait le globe à fond de train.
Gilthoniel tripotait son AKMS qu’elle avait tenu à échanger contre sa tenue de docteur. Elle avait toujours eu un caractère plus belliqueux, plus violent. Elle voulait prendre part de manière plus active à cette bataille que moi.
C’était la 5 ème fois qu’elle la vérifiait, pièce par pièce, éjectant cartouche, chargeur, testant les mécanisme. Elle était visiblement stressée.
- Tu l’as entièrement vérifiée ? Lança Daijodi.
- Oui mon Adjudant.
- Alors laisse la tranquille jusqu’à l’arrivé elle ne te laissera pas tomber.
- A vos ordres, répondit-elle d’un air piteux.
Le tube grinçait de toute part, sous la contrainte de la vitesse excessive à laquelle il filait vers l’objectif.
- C’est votre première mission de combat ?
- Oui mon Adjudant.
- Alors restez concentrés, suivez moi et tout se passera bien.

(…)

Nous sortîmes du tube en même temps, l’air glacé de Nuuk nous accueillant après la moite atmosphère du tube bondé.
Les détonations claquaient dans le crépuscule. Les balles traçantes formants de curieux arabesque dans le ciel glacial. Les combats faisaient rage à quelques centaines de mètres du QG, pris et bien tenu par nos forces. Il ne fallu pas 5 min pour atteindre le « front » une vague ligne ou les Alliés et les Lunaires s’affrontaient, dans les rues, les immeubles, les appartements…
Gilthoniel tirait rageusement à l’AKMS sur les docteurs Alliés qui organisaient la défense des cadets de l’EMA, elle fit mouche plusieurs fois, sans faire de victime toutefois.
- Maudites armures ! Tu t’en sort avec les blessés ?
- Oui ça peux aller mais je suis à court de morphine, va falloir assommer … lui répondis-je depuis l’abris bus qui me servait de vague couvert pour soigner.

(…)





Pendant la nuit une rumeur couru dans les rangs sélénites, « le Général Matt est mort !!! Néflou l’a tué à coup de truite… »
- De truite ? Mais qu’est-ce qu’ils ont fumé ?
- Je sais pas mais ça me dit rien qui vaille… peut-être vaudrait-il mieux partir d’ici avant que ça se corse…
- Non mais ça va pas ? On va pas abandonner ce QG, ni nos frères !
Au loin des hauts parleurs se mirent en marche…

« Le Maréchal Néflou donne 24h aux forces lunaires pour se rendre ou quitter la capitale Alliée, passé se délai, tous les lunaires encore présent seront exterminés ! Rendez-vous à la glorieuse Alliance. Le Maréchal Néflou donne 24h aux forces lunaires … »

- Quand je te dis que ça se corse !
- Et alors ! On reste ! Qu’est ce qu’il va nous faire ? Il n’a plus de tube, que des cadets, il va tous nous tuer à coup de truite ? Encore faudrait-il qu’il me passe sur le corps !
- Tu as raison… restons.
Et le calme relatif de la nuit retomba.

(…)

Le délai était écoulé. Les missiles volèrent au dessus de la ville, abattant les imprudents qui n’étaient pas assez à couvert. Nous étions cachés dans un trou vaguement creusé derrière notre abris bus. Quelques blessés étaient avec nous. Je tentais d’ouvrir une boîte de ration sans ouvre-boite quand un sifflement aigu me perfora le crane.
PhhhhhhiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
- Et merde !!! celui la est pour nous !!!
Une formidable boule de feu souffla l’abris bus, projetant béton, acier et bitume dans toutes les directions. La lumière m’aveugla et un objet m’impacta au dessus de l’arcade droite. Je ne ressentais aucune douleur, juste le sang chaud et poisseux qui coulait sur mon visage.
Quand l’enfer s’apaisa, tout avait été soufflé, net, nettoyé. Notre trou été presque comblé, j’avais été projeté à 20m par le souffle, au milieu de débris calcinés. Des blessés nulle trâce.
Gilthoniel elle était inconscient, presque enseveli. A moitié assommé je me dirigeais vers elle pour tenter de la dégager quand une multitude de rayons fins et élancés apparurent au firmament. En quelques instants ils furent sur nous. La douleur fût incroyablement vive, nette et infinie. Tranchant avec la semi-conscience dans laquelle m’avait plongée l’explosion. Le noir fut mais la douleur ne s’estompa pas, seule réalité dans le vide de ma mort.

Jusqu’à ce que je me réveille dans la cuve de clonage.
Elle se vidait doucement du liquide physiologique qu’elle contenait. On m’avait déjà réimplanté les souvenirs inscrits dans ma sauvegarde mémorielle portative que j’avais eu la conscience ou l’inconscience d’acheter avant mon intégration à la Force Lunaire. En effet je me rappelais de tout jusqu’à ma mort elle-même.
La cuve était maintenant vide, la paroi transparente s’ouvrit doucement et une infirmière se pencha sur moi et commença à débrancher les diverses électrodes, le tube du respirateur, et les attaches qui maintenait mon corps dans la cuve. Me tirant par le bras, elle m’aida à sortir mais je ne pût me relever les muscles trop engourdis par mon premier clonage.
Je voyais tout dans un brouillard flou, le personnel médical apportant leurs attentions aux nouveaux clonés, en grand nombre. Après quelques minutes de repos et plusieurs tentatives, je parvins enfin à marcher. Mon infirmière me laissa alors pour aider un autre ressuscité. Mais j’aperçu du fond de ma léthargie, les larmes qui coulaient doucement sur ses joues pâles de jeune fille. Cette image resta gravée, comme une icône, dans ma mémoire.
Gilthoniel, ou était-elle ? Je pensais à mon amie de toujours, que j’avais vu mourir en même temps que je perdait moi aussi la vie. Une telle femme ne pouvait que s’en sortir … pensais-je, me rappelant les féroces bagarres au cours desquelles elle me défendait étant jeune. Cette impétueuse femme qu’elle était devenue aujourd’hui avait sûrement dû mieux s’en sortir que moi.
J’errais un temps que je ne peux déterminer dans les couloirs de la centrale de clonage, jusqu’à ce qu’au détour d’un couloir, je tombe sur elle, ou plutôt dans ses bras.
- Viens je t’amène au centre de convalescence. Dit-elle simplement.
Elle me portât plutôt que je ne la suivi, encore sous le choc du clonage. Elle avait mieux récupéré que moi.

(…)

Après une journée dans le centre de convalescence bondé, j’avais suffisamment récupéré pour pouvoir partir, pressé par les infirmières recherchant de la place pour les soldats fraîchement clonés.
Si mon corps avait récupéré, mon esprit, comme celui de Gilthoniel était toujours sous le choc de notre mort.
Un passage au centre de clonage nous abattit un peu plus, Daïdoji avait, comme nous, succombé au meurtrier sattelite de défense allié mais son corps n’avait pu être cloné à temps, il était mort… définitivement, comme tant d’autres illustres combattants de la Force Lunaire.
Et comme si nous en avions été tirés que pour quelques heures par l’intervention de Daïdoji, nous recommençâmes à errer dans la capitale lunaire.
Au détour d’une ruelle, nous entrâmes dans une taverne, au profil suffisamment terne pour y passer un moment sans être dérangé.
Deux verres commandés plus tard, assis à une table sombre, nous broyions du noir lorsqu’un homme nous apostropha…
Je revois encore la scène : un soldat de taille moyenne, flanqué d’un colosse venaient d’enter dans la taverne quasiment vide. Après un rapide coup d’œil à l’assistance, quelques recrues et vieux ivrognes, ils s’approchèrent de nous. Le plus petit s’adressa à nous.
- Ca va pas fort on dirait soldats ?
Nous ne lui répondires pas, espérant qu’il nous laisserai en paix.
- Je me présente, Majors Thuwe et voici le Major Sanagui, Vous étiez à Nuuk c’est ça ?

Silence

- Vous venez d’être clonés ?
- Oui, hier. Répondis-je faiblement.
- Arrrhh, ça fais toujours ça la première fois. Ce goût amer, dans la bouche comme dans les pensées. C’est la vie de tous les soldats de ce monde. Le colosse restait immobile pendant que son compagnon parlait.
- Mais comment cela a-t-il pu se passer ? Tous ces soldats luniens, morts ou clonés par la folie de cette guerre.
Comment en est-on arrivé là ?
L’Adjudant Daïdoji lui même …

Deux soldats, un homme et une femme, que nous n’avions pas remarqués, assis à une table à notre gauche se levèrent brusquement.

- Daïdoji ? Vous avez bien dis Daïdoji ? demanda avec insistance l’homme.
- Euhhh, oui.
- C’était notre frère ! Son ton était empressé mais mêlé de tristesse.
Je me nomme Doji et voici Katika ma sœur. Nous nous sommes engagés dans la FL il y a deux jours, quand nous avons plus eu de nouvelle de lui. Nous savons qu’il est mort. Vous étiez avec lui ?
- Nous étions dans le même tube, mais la bataille nous a séparé. Un grand soldat…
- Sans doute me répondit Doji. Mais comment cela s’est-il passé. On ne sait pas grand chose ici.
- Ca ne me plais pas de raconter ça, mais je le fais pour Daïdoji…
Je leur racontais alors le voyage en tube, les combats de rue, l’attaque de Nelfou au lance-missiles et les rayons fatals. Quand j’eu terminé, même le Major Thuwe resta silencieux. Ce retour dans mon enfer me replongea dans mes doutes et mes questions.
- Comment est-ce possible ? repris-je, Comment un seul ennemi, aussi puissant soit-il, peut détruire une armée entière ?
- Personne ne le sait dit Thuwe mais la crise est grave dans la Force Lunaire, avant de venir ici, j’ai appris que la Compagnie des Lunatic Deamons a été disoute en raison du trop grand nombre de pertes dans ses rangs.
- Cela ne doit plus arriver ! lança Doji. On ne peut pas laisser les luniens mourir comme ça. Mon frère a payé le prix de cette attaque, mais encore plus de l’absence de protection des soldats par la FL ! Nous devons remédier à cela. Créons une compagnie de protection des luniens.
Le silence planait sur la table de la taverne, mais peut être moins de tristesse, chacun pensant à cette opportunité, entrevoyant un espoir dans ce cauchemar.

(…)

Durant deux jours, on modela, affina la conception de cette Compagnie. Nous fûmes rejoins par un héros de la Force Lunaire, le Major Oui Oui, lui aussi cherchant à faire renaître la gloire de la Force Lunaire. Mais il avait une philosophie plus belliqueuse, prônant qu’on ne pourrait avoir la paix que par l’attaque constante de l’ennemi, ce qui reviendrait à protéger les luniens.

- Ma Compagnie s’appellera les Loups d’Asgard. Elle sera les crocs et les griffes de la FL et lui rendra sa gloire en dominant ses ennemis. Annonça Oui Oui, après une pause des débats.
- Thuwe, Elbereth et moi avons réfléchis au nom de notre Compagnie. Ce sera Les Anges Déchus. Car comme eux nous avons perdu notre innocence dans les événements de Nuuk, comme eux, nous descendons du ciel pour venir en aide à nos frères. Notre vocation est la défense par tout les moyens des luniens et de leurs villes. Lui répondit Doji.
L’optique des Loups d’Asgard plaisait plus à Gilthoniel que la vocation de défense des Anges Déchus. C’est une farouche guerriere, qui ne peut se résoudre à l’inaction. Ellle avait écouté les débats sans presque parler quand elle se lança.
- Alors je serai un Loup d’Asgard pour venger l’affront de Nuuk !
- Tiens tu parles maintenant ? lui dis-je d’un air ironique.
- Moi aussi je veux être un Loup ! me coupa Katika. Je veux venger la mort de mon frère.
Nos Compagnies seront alors jumelles, lançais-je, les Loups vengeront nos frères et les Anges les défendront.
Tous acquiescèrent, le visage moins tiré ; après cette catastrophe l’espoir était enfin de mise.

(…)

Doji fut donc Colonel des Anges Déchus et Oui Oui des Loups d’Asgard. Thuwe et son ami Sanagui intégrèrent les Anges, Katika les Loups tout comme Gilthoniel. Moi, je suivait mon penchant naturel et apporta mon aide à Doji.
Je confectionna l’insigne des Anges, que je cousu sur mon treillis et plus grand honneur encore, que je vis, bien en évidence sur la manche de celui de mon Colonel et de mes camarades.
Doji avait hérité comme son frère de ce charisme si naturel qui transcende les soldats et les dévoue corps et âmes à la Force Lunaire. Il se montra aussi digne de confiance que Daïdoji et les Anges Déchus le suivaient ignorant la peur malgré son jeune age.

Les débuts des Anges Déchus et des Loups d’Asgard furent difficiles car nous étions peu nombreux, mais nous combattions bravement. Oui Oui lui même qui n’avait jamais été cloné, tombât à Mexico (QG 21), protégeant la retraite des Loups et des Anges face au déferlement de la Légion Phantom (LP) au grand complet.
Les loups prirent Bagdad (QG8) et les Anges en assurèrent la défense alors que la ville était totalement encerclée.

Puis Oui Oui, soudainement désavoué par la hiérarchie lunaire et mis à l’écart des décisions de l’Etat Major sans raison apparente, disparut après avoir dissolu les Loups d’Asgard. Héros de la Force Lunaire, nombreux sont ceux qui le cherchent encore et je suis de ceux la, plus convaincu par le soldat que j’ai connu que par la décision de l’Etat Major.

Peu de temps avant la bataille générale en Europe que nous connaissons, Doji lui aussi disparu. Sans laisser aucune information, si ce n’est que Thuwe assurera l’interim au commandement de la Compagnie.
A peine Colonel des Anges, celui ci fut nommé Général par le Maréchal Ulys et la Compagnie commença à être délaissée.

(…)

Dans le bureau de Doji à Bagdad. Le Général Thuwe était assis derrière le bureau quand j’y entra.

- Thuwe je suis content de te trouver ici. Félicitations Général pour votre promotion. Toujours aucunes nouvelles de Doji ?
Sa mine était attristée, sans doute par l’évocation de Doji.
- Non toujours aucunes. Et cette situation nuit à la Compagnie, les défections augmentent, je ne peux plus m’occuper de la Compagnie. Je vais même devoir la quitter.
- Dans l’inaction et sans ordres la Compagnie agonise. Elle a besoin d’un chef plus présent, motivé pour la redresser et lui rendre sa place dans la FL. Et qui sait peut-être préparer le retour de Doji.
- Tout ce chemin ne saurait avoir été parcouru en vain. Les Anges ne peuvent pas disparaître.
- Doji avait confiance en toi, il comptait te mettre au commandement d’un section s’il était resté et de la Compagnie si je n’étais pas disponible pour le faire. C’est maintenant le cas. Tu vas donc avoir la lourde charge de reconstruire les Anges après cette longue agonie.
Adjudant Elbereth ! Garde à vous !
Je me raidis à l’ordre de mon ami mais néanmoins Général, petit doigt sur la couture du pantalon de l’uniforme.
- Je vous nomme Colonel des Anges Déchus, rendez leurs leur gloire passée !
A vos ordres Général ! Je ne faillirai pas.
Il se leva, pris un écrin dans un tiroir, s ‘approcha de moi, retira mes galons d’Adjudant des passants de ma veste pour les remplacer par ceux de Colonel, tirés de l’écrin.
- Ce sont ceux de Doji, faîtes lui honneur en les portant.
- Je les porte pour lui Général !
Il laissa un « blanc » dans la conversation, se rassit au bureau, fit mine de chercher un papier.
- Colonel, l’ordre d’affectation est tombé il y a 1 heure, toute la Compagnie part pour l’Europe, objectif de mission : secret, tout ce que je peux vous dire c’est que c’est de la plus haute importance et que les Alliés et les Impériaux y sont déjà. L’élite de la FL s’y rend, les hommes vont avoir de l’action.
- Le départ est pour quand ?
- Immédiatement. Rompez !
- Merci Général.
Je sortis du bureau, la chaleur du soleil de Bagdad m’écrasa à nouveau. La sentinelle se mis au garde à vous. Mes galons brillaient dans la lumière vive de cette fin d’après-midi. Les ennemis de la FL allaient enfin connaître ce qu’il coûtait d’attaquer les luniens.

(…)

Gilthoniel venait de s'engouffrer dans le tube derrière les derniers survivants de la Compagnie des Anges Déchus. Ils étaient bien peu, beaucoup moins qu'au temps ou ce QG était leur base de départ pour des opérations vers l'est.
Les détonations retentissaient dans les bâtiments, la chasse à l'homme avait commencée, seul un petit groupe d'Anges tenaient encore l'entrée du tube gardant un espoir aux derniers sélénites vivants.
Les défenses s'étaient écroulées quelques heures auparavant. La lutte au corps à corps avait été sanglante et les troupes luniennes moins aguerries que l'Escadron Impérial d'Assaut avait perdues pied.
Mon homologue des Flics en avait même payé de sa vie les tentatives de rétablir un front cohérent...

- Colonel ! Le Général Andejen nous demande d'accélérer l'évacuation car le commando du QG6 rencontre des difficultés. M'interrompit Veskit2.

Je pouvais distinguer des sélénites coupés de nous par le flot de nos ennemis. Des troupes régulières comme des Anges et des Flics...

- On leur laisse encore une chance...

Les rafales éclataient autour de nous, le béton volant en éclat, les balles traçantes créant de curieux arabesques dans le ciel nocturne.
Quelques isolés nous rejoignaient encore... haletants et souvent blessés, les pansements de fortune tentant d'épancher les flots de sang.
Les corps sans vie jonchaient le sol. Je pouvais distinguer le long d'un bâtiment voisin quelques impériaux progressant avec prudence vers nous.
Cet homme… Ce ne peut être que lui...
Encore une fois dans cette bataille je me retrouvais face à mon ami Thuwe...

- La liaison avec le QG 6 vient d'être coupée Colonel. Me lança Veskit2. Le Général Andejen nous annonce une ultime ouverture dans 2 minutes.

- Tiens toi prêt. Lui répondis-je simplement.

Nous étions définitivement encerclé, sans espoir d'autres miraculés. Nos systèmes de communication étaient saturés de demande d'aide, et voix angoissées implorant le maintien du tube.

- La liaison est rétablie. Colonel.

Je ne répondit pas, le regard perdu dans le champ de bataille, dans tous ces morts, dans le visage de Thuwe dont le groupe s'approchait dangereusement. Je ne comprenais plus, je ne comprenais plus cette guerre, ses buts, ses causes et ses raisons... Pourquoi dois-je me battre contre mon ami et faire mourir mes hommes ici?

Veskit2 m'attrapa l'épaule, je le regardais un peu hagard ...

- Il est temps Colonel.

J'aquiessais. Mon M4 pesait dans mes mains, lourd et rassurant. Un soldat impérial un peu trop sûr de la victoire et voulant prendre part au carnage courait vers nous armé d'une tronçonneuse...
J'épaulais machinalement, et pressais la détente, lâchant mes dernières balles sur ce kamikaze. Il trébucha et s'affala comme un pantin désarticulé. Je n'éprouvais rien. Ce n'étais plus moi, j'étais devenu une sorte de robot... sans sentiments.
Je regardais une dernière fois le champ de batailles et ses bâtiments défoncés, de plus en plus proche, je pouvais voir Thuwe me sourire, un sourire indescriptible et incompréhensible, presque malsain.
Je détournais les yeux de ce qu'était devenu mon ami.

- On met les voiles Veskit2.

Je pénétrais dans le bâtiment et programmais l'ultime voyage du tube. Veskit2 couvrit mon entrée dans le bâtiment de deux coups de spas vers nos plus proches assaillants. Puis s'engouffra dans le tube sur mes talons.
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