Historien Administrateur

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Posté le: Ven Mar 24, 2006 7:16 pm Sujet du message: Disthene |
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Quartier Lunaire 241. Bar l’Hydromel Pourpre… Il était déjà 22h55. La salle était comble. Des fauteuils et une scène devant ... Un petit bar avait été dressé pour déshydrater ses demoiselles ... Il faisant pâle dans la pièce ... Une sorte de buée rendue rouge par les quelques spots allumés ... La plupart des filles des opérations stratégiques étaient là et en plus, d'autres départements comme Infirmerie .... L'ambiance était électrique ... Le premier show avait été bon mais avait manqué de sensualité ... d'érotisme ... Ici chose amusante, les filles trouvaient sur leur chaise un poster enroulé ... Les boys avaient posé ... Tous les boys ... Nus mais avec un petit masque à la Casanova pour masquer leur identité ... Tous étaient musclés sauf un ...
Toutes les filles crièrent en voyant les lumières s'allumer sur la petite estrade ... Un lunien, habillé en policier les rergarda ...
S'KO'BRA - Bienvenue à toutes !
TOUTES ** Sifflements, cris, pieds tapants sur le sol ... **
S'KO'BRA - Vous voulez voir des hommes nus ?
TOUTES - Ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!! A poil !
S'KO'BRA - Alors que le show commence ... Il est 23h00 !!!!!!!
Et il déchira son costume qui ne tenait que par un velcro savamment placé par Dhéa'Koudre, le grand costumier de cette revue ...
S'ko'bra était habillé que par un petit nœud papillon au niveau du cou et l'un des fameux string rouge ... Il se déhancha et fut bientôt rejoint par d'autres Lunaire Ship 'Endeals ... Ils étaient à présents 8 sur scène à imiter toutes sortes de positions ... Quelques pompes par-ci, quelques regards par là ... L'entame était chaude à souhait ...
Les filles se levaient, riaient, avançaient les bras comme pour toucher les plaques de chocolat en lieu et place de leur abdomen ... La première partie dura 5 minutes ... Puis 5 séquences s'enchaînèrent où les Lunaire Ship 'Endeals pouvaient être 8, 2 voir seul sur scène ... Il faisait déjà très chaud dans la pièce et l'atmosphère montait d'un cran à chaque fois ...
Puis il eut un entracte où des boissons furent servies aux filles, à moitié prête à bondir sur les mâles de la Sécurité ... déjà des infirmières avaient succombé aux athlètes ... Les filles pariaient déjà entre elles pour savoir qui serait choisi pendant la deuxième partie du spectacle ... Effectivement, les corps se rapprochaient qu'à ce moment-là ...
Fluorine entra dans la salle ... Elle n'a pas de toilette particulière. Elle ne s'est pas changée pour l'occasion. L'ambiance était déjà survoltée ... Les conversations, mélangés par les rires, égayaient l'ambiance nocturne de l’Hydromel Poupre, le seul à posséder un cabaret clandestin destiné au seul plaisir des femmes ...
GROU'PY - Je trouve que les Lunaire Ship 'Endeals combinent dans leurs spectacles, imagination..., rêve..., sensualité...
CAD'BURYS - Surtout en mettant en scène une touche d'accessibilité portée sur les charmes masculins intrigants...
Fluorine reconnut là deux de femmes chargées de l'entretien des armes.
GROU'PY - Bonjour erei'arrain ! Vous allez pouvoir assister à tout le spectacle ?
FLUORINE - Je ne sais pas, je finis tard ce matin ... Juste passé voir si tout étant en ordre ... Aucun débordement ... des boys !
CAD'BURYS - C'est plutôt nous qui allons les déborder ! hihihi ! )
Un des boys passa et donna à chacune une liasse de billets factices pour la suite du show ... Il faudrait les glisser où elle pourrait ... L'heure fatidique de la deuxième partie arrive à une vitesse folle. Fluorine avait reçu ses faux billets et avait trouvé le poster des Lunaire Ship 'Endeals nus ... enroulé sur sa chaise. Une seule chose pouvait l'intriguer : à qui appartenait le corps le moins musclé ...
Le show démarra très fort ... C'était S'Ko'Bra seul sur scène qui choisit une fille ... Ce fut torride à souhait ... Pendant ce temps, en coulisses, Disthene cherchait sa tenue, enfin plus précisément son string diamanté, il paraît que certaines filles aiment cette pierre précieuse ) Un des boys qui assurait le service au bar plaça des bougies sur la table où s'était assise Fluorine. Il lui sourit ... Chaque table avait sa bougie avec une couleur différente ... Disthene est moins impatient qu'il ne le craignait. Il ne prépare pas la chorégraphie, il n'envisage aucun scénario. Cela vaut mieux. Comme cela, pas de déception. Un œil regarde par le rideau ... Il l'aperçoit ... Il remarque qu'elle n'est aucunement fardée, il apprécie. Enfin c'est à son tour ... Il monte sur scène ... Son corps dénote avec celui des autres mâles qui ont fait leur show, mais Disthene a une bonne maîtrise du sien et il fait naître de la sensualité ... Il a un masque blanc qui lui cache le haut du visage. Rien dans son attitude n'est ambigu, à part le doigt qu'il pointe à l'instant vers celle qui montera sur scène avec lui ... C'est elle ... Elle n'en croit pas ses yeux ... La Patio Aquar'hel avait été moins chaud que l'ambiance actuelle ... Et pourquoi pas se dit-elle ? Il n'arrivera rien devant tout ce monde ... Il ne peut pas me faire cela !
La salle holodeck laisse apparaître subitement un nouveau décor sur scène ... Un grand séjour, où coussins, lits aux matelas épais et murs décorés rivaliseront de luxe et d'abondance et où filtre un parfum de décadence luxueuse, sans tabou ni interdit, mais toujours dans le plus extrême raffinement. Elle se tient à une distance. Qu'aurait-il voulu ? Qu'elle se jetât dans ses bras sans autre forme d'approche, d'apprivoisement et que dans une étreinte ébouriffante, vestes, pantalons et soutien-gorge gisant sur le parquet, elle l'emmenât au septième ciel ? C'était ridicule, il le sentait confusément. C'était un show ici ... Évocation du plaisir platonique ...
Il claque des doigts ... Le plafond de la salle holodeck laisse apparaître à présent le décor grandiose de l'Univers ... Puis, on sentit deux astres s'approcher ... Une éclipse solaire totale naissait devant les yeux des spectatrices ... Disthene dansait autour d'Fluorine ... De temps à autre, il s'approchait de son cou et soufflait délicatement ... Un frisson la parcourt ... Une sorte d'émotion s'empara d'eux au moment de l'éclipse totale. Elle a la tête légèrement levée vers le ciel. Il imagine que s'il avait tenté de l'embrasser, il se serait heurté à un refus de sa part. Ici, a-t-il osé parce que ses yeux étaient cachés ? Les lèvres d'Fluorine conservaient encore la mémoire du premier contact et ce nouveau souffle apporta à l'ivresse de la foule ... Il a envie de lui crier que c'est un instantané. Elle oublia un léger instant qu'elle était sur scène ... Tout prêtait aux rêves ... Lui la voyait, elle imaginait. Mais qui ? Mandrak à cet instant ... Disthene ne le savait pas et Fluorine ne le lui dirait jamais. Il avait senti l'éclair avant le tonnerre ... Elle était soulagée, apaisée, décontractée ... Elle se laissait guider, entraîner par ce Casanova ... Un léger tremblement agitait ses doigts, sa bouche frémissait par moments, elle avait envie d'arrêter ce processus car elle savait l'explosion inéluctable.
DISTHENE, pompeux - Les diamants sont éternels, n'est-ce pas ?
Elle ne comprend pas pourquoi cette question a tellement d'importance pour lui. Si les gens veulent croire qu'ils vivent une histoire d'amour, tant mieux (ou tant pis) pour eux ! Pour exister, l'amour a besoin à la fois du privé et du public, du feutré et du voyant, de l'alcôve et du forum.
Eux deux, de toute façon, naviguent dans un autre chant ; si c'était l'amour qui les liait, se persuade-t-il lui-même, ils le sauraient, s'en féliciteraient, n'en souffriraient pas. L'amour qui fait souffrir est suspect à ses yeux et si ce qu'ils vivent n'est pas de l'amour, il en a au moins certains caractères, leur intimité est forte, le temps qu'ils passent ensemble est comparable à celui de couples mariés de son entourage, ils se connaissent probablement mieux que ceux qui croient que le lit résout tout…
Tout ce qu'il souhaite, c'est que son soliloque puisse servir de viatique à Fluorine pour éclairer les moments difficiles qu'elle connaîtra encore. Mais n'est-ce pas trop présomptueux ? Fluorine semble heureuse avec Mandrak, là où Disthene n'ait qu'un amuseur ... Un bon copain ... Disthene docilement exécute ce qu'il a répété ... Son string diamanté reflète les spots lumineux .... Il abaisse son string très doucement, d'abord d'un côté puis de l'autre, avant de faire mine de l'enlever totalement ... Les filles hurlent ...
La tête d’Fluorine manqua exploser sous les hurlements orgastiques de la foule en délire. Elle-même cherchait à brider sa libido qui ne voulait que participer à cette orgie des sens. Incontrôlable, cette déferlante avait pris sa source dans le fantasme de ce tableau onirique, et voulait se briser dans la concrétisation de la réalité sublimée. Fallait-il ? Ne fallait-il pas ? Pourquoi confiner à l’idée ce qui peut devenir action ? Ce spectacle était une invitation à la déraison, effaçant toute tentative d’apologie de la sagesse. À quoi bon lutter quand la lascivité ainsi offerte promet une félicité absolue ? Tout est dilemme. L’existence se résume-t’elle à suivre une voie unique alors que le cheminement en propose des multiples ? Évincer la tentation revient à étouffer l’instinct et l’alchimie. Chimère que de croire que tout est immuable, acquis, stable. L’univers lui-même est instable. Il était inutile pour Fluorine de se battre contre la déroute programmée d’un destin qu’elle espérait équilibré. Le croire était une hérésie, le vouloir était une utopie, le pouvoir reflétait la conséquence logique du vouloir. Le chaos n’engendre que le chaos. Mettre de l’ordre dans le désordre établi paraissait insurmontable à Fluorine. Elle devait l’accepter. Accepter et ne pas se sentir coupable. La morale est née d’un passif collectif qui lui taille la part du lion. C'est si rassurant... Mais chez les Lunaires, il n’y a pas de morale. Seulement de l’honneur.
Elle l’aurait reconnu entre mille. Un souffle, un son, une attitude. Rien ne s’oublie. L’anonymat ne masque pas l’essence de l’individu. Fluorine avait conservé certaines empreintes de contacts éphémères entre Disthene et elle. Le corps retient mieux quand il est marqué par le geste et le ressenti conjoints. Bien plus que la mémoire. La récidive donnait à Fluorine un léger goût d’inachevé, et quémandait son dû. Promiscuité assassine qui anéantit toute notion de distance. Il n’existe pas plus de leurre que celui qui se ment. Et Fluorine se mentait. Lui et elle avaient trouvé leur propre mode de communication, convenu inconsciemment d’un nouveau langage émotionnel, construit une bâtisse à l'architecture anti-conformiste. Un no-man’s-land qui leur appartenait. Uniquement. Un océan à perte de vue, déchaîné, où elle manquait se noyer à chaque brasse. Mandrak était l’île à son naufrage inévitable.
Jeu de lumières sur l’anatomie tout juste voilée. Flashs saccadés des spots qui découpent le mouvement, exacerbant l’attente d’une nudité promise. Mais c’est le jeu. Il faut faire monter les enchères. Portées au paroxysme de l’excitation, les filles huent Fluorine. Glisser un petit billet. Oui. C’est tentant. Disthene ondule toujours, l’élastique se déplace millimètre par millimètre. Mais Fluorine ne paye pas. Elle le force à la regarder. Elle sait. Il sait qu’elle sait. Il ne faiblit pas dans le rythme, ses yeux rivés à ceux de la Lunaire. Elle tourne autour de lui, féline. Il pivote de la tête pour ne pas la perdre du regard. Les filles hurlent que " c’est pas trop tôt ". Fluorine n’entend plus. Ses lèvres s’étirent, sensuelles. Elle pourrait l’accompagner dans sa danse, parodie de l‚acte sexuel. Mais non. Elle s’arrête. Vibrante de désir difficilement contenu. Tout n’est qu’échange muet. Que voulait-il ? Elle n’en saurait jamais rien. Elle-même incertaine de la réponse. Elle fait un pas en arrière, lâche son billet sous les éclats des filles qui n’arrivent pas à croire qu’elle abandonne.
Effort surhumain que de s’arracher à cette attirance absolue. Le public est incrédule. Fluorine quitte la scène, traverse la salle. Le show se terminera sans elle. Elle en avait assez vu. Difficile que d’assister au douloureux spectacle de sa débâcle intérieure : Fluorine aimait Mandrak, mais ne pourrait lui promettre d’être fidèle. Elle devrait d’abord exorciser un démon nommé Disthene...
Fluorine avait rejoint les troupes au sol … Disthene amoureux l’avait suivi … |
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