Historien Administrateur

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Posté le: Ven Mar 03, 2006 10:24 pm Sujet du message: Demande de mariage |
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(MrMeuble)
Cela faisait maintenant des jours que Mr Meuble tournait en rond comme un canard dans une cage de colibri.
Armé de son SPAS 15, il marchait sans but dans les ruines qu’étaient le Vietnam depuis que les troupes avaient envahi la zone. Il tirait au hasard, sans vraiment y penser…
« Non mais vraiment, je peux pas faire ça… *BLAM* Ce n’est même pas qu’une question de protocole, mais uniquement de logique, parce que moi je suis moi, et elle, ben elle !
Et en plus… *BLAM BLAM* … Tiens, il s’est pas relevé celui-là… Oui donc, et en plus, je vois pas COMMENT je pourrais faire ça, parce que bon, voyons les choses en faces, hein, et allons droit au but, sans détour, ni tourner autour du pot : je PEUX pas. Aussi bien éthiquement, que techniquement… Enfin techniquement, si, mais bon, bref !… »
Et ça continuait, ça continuait…
Ce jour-là, le 30 Avril… Bah, Lilila n’avait pas besoin de lui casser les oreilles à 7h du mat’ au téléphone ; il savait bien que ça faisait un an, comment aurait-il pu l’oublier ? De plus, c’était lui-même qui l’avait chargé de cette « mission spéciale ».
M’enfin, ça ne réglait pas la question mais… Mais… Mais merde enfin ! C’est comme ça et puis c’est tout, et si un crétin aurait la mauvaise idée de sourire, il le ferait avec quelques dents de moins.
« Hmmm… je peux pas y aller comme ça… »
Il se dirigea donc vers le centre d’intendance du QG 5. Le préposé étalait sa graisse, débordant de sa chaise, avachi sur le comptoir.
« - Ouais ?
- Bonjour, ce serait pour… pour… Changer d’uniforme s’il vous plait.
- Bah quoi ? Il est impec’ le votre ! Vous croyez quoi ? Qu’on a que ça à foutre ? Que parce que Môssieur l’Officier à un accroc il faut lui filer un truc tout droit sorti d’usine ?
- Oui… Non… pas exactement… C’est à dire qu’il me faudrait quelque chose de moins… Militaire. »
Le Gros Cul me regardait… Je sentais mes poings se serrer… « Ne pas lui péter les dents, ne lui pète pas les dents, tu es très calme, tu es une pierre qui se moque du gros lard, tu es zen, tu es… »
- Moins militaire hein ? Et vous voulez quoi ? Un ptit tutu rose ? Avec des fleurs ? Ou ptête bien une jolie combinaison en cuir, avec masque, pinces à seins et tout le bordel ?
- En fait non. Je cherche un pantalon noir de ville, des mocassins noirs eux aussi, une chemise blanche, un gilet et une veste noire avec éventuellement une queue de pie. Ah oui : des gants crème et un haut de forme aussi.
Là, il y a eu un blanc.
Et puis un rire, un rire énorme de la montagne de graisse. Un rire qui enflait, dévalait son ventre boursouflé comme une avalanche. Et puis un rire étranglé, comme un couac. Pas facile de respirer avec une main lui cravatant le col et un canon de SPAS 15 enfoncé dans la bouche.
Bon, pour le zen, c’est loupé.
« Ecoute moi bien, Gros Cul, tu te crois ptête privilégié parce que t’as Tonton qui est Sénateur sur la Lune, mais ici, c’est le front, et si tu mates mes galons, tu verras que je suis lieutenant, pigé ? Alors mon gros, si tu veux pas que je m’énerve encore un peu plus et que je fasse une bavure, va VITE chercher ce que je t’ai demandé… Et le tutu aussi, ça pourra toujours servir… Tu te démerdes comme tu veux, c’est pas mon problème, mais tu as une demi-heure. Bouge ! »
La peur est souvent un étonnant stimulant : vingt-cinq minutes plus tard, il était de retour, bavant, suant, et victorieux.
Sans un mot, Mr Meuble enfila cet accoutrement devant son nez, gardant le tutu à fleurs dans un sac.
Il fonça ensuite. Traversant le QG 5, il couru à travers la plaine à l’ouest. Au passage, il rencontra Clain, lui lança le sac en lui criant :
« Tiens mon Vieux, t’as raté ta carrière de clown, essaie donc ça ! Ca fera toujours plaisir à Bigo ! »
Il continuait de courir tandis que résonnait au loin la rumeur du front qui s’approchait.
Aux abords des lignes lunaires, les sentinelles l’arrêtèrent.
« - Halte ! Qui va là ?
- Ta gueule ! »
Le mot de passe était simple…
Traversant donc le front sous les regards atterrés des soldats qu’il rencontrait, il arriva enfin à destination, plus gêné que jamais…
Bigornette était allongée par terre, l’œil collé à la lunette de son fusil de précision, parfaitement immobile.
« - Hum… »
Pas de réaction…
« - Hum ! »
Il vit l’œil libre le regarder. Elle ne paraissait pas se rendre compte du comique de la situation.
« - Oui ?
- Heuuu… Salut… Ca va ?
- C’est pour me demander ça que tu me dérange pendant que j’avais la tête de Rayne dans ma mire ? Tu te fous de moi ?
- Ah… Pardon… Non non… Je me demandais juste… Heuuu…
- OUI ??? »
Purée… Elle va me tuer… De toute façon, je suis mort.
Foutu pour foutu…
Il s’agenouilla à côté d’elle et lui prit la main, faisant tomber le fusil près d’elle.
« - Bigornette… Tu veux m’épouser ? »
Voilà… Cette fois c’est fini. |
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