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Coup d'etat de J.A

 
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MessagePosté le: Lun Jan 02, 2006 6:15 pm    Sujet du message: Coup d'etat de J.A Répondre en citant

Citation:
J.A. McKully Flint :

Nuuk, 1er Août 2157

Je revenais d’un de nos postes avancés, 2 semaines s’étaient écoulées depuis mon retour.
J’organisais la défense, avec des hommes qui m’ont l’air toujours assez motivé, je peux lire dans leurs yeux leur déception néanmoins. J’avais aussi l’impression pour la première fois d’être vraiment proche des colonels, je dois admettre qu’avant le changement de corps et les modifications opérées par le professeur Fitz Fluss, je n’ai certainement pas essayé de communiquer assez avec eux. L’exemple le plus frappant : je n’avais jamais vraiment essayé de connaître le Colonel des Templiers, mais maintenant je peux dire qu’il fait un travail non négligeable pour l’Alliance. D’une part, il est sympathique, d’autre part il suit mes ordres...

L’Empire était proche et ce poste était l'un de nos derniers remparts. L’Alliance sombrait de plus en plus dans la désorganisation malgré la Renaissance. Elle ne pouvait combattre les forces ennemies à armes égales. Nos officiers de hauts rangs se cachent et oublient que l’Union fait la force...

Je dois ajouter qu’une trêve avec la Force Lunaire a été mise en place. Je peux dire que celle-ci me reste en travers de la gorge. J’aurais aimé donner mon avis dessus. Dans un sens, la trêve a permis à nos soldats de se reposer, mais ils sont enragés de devoir laisser partir des ennemis qui commençaient à reculer sur leurs positions et qui avaient fait auparavant énormément de Clones dans nos rangs. Enfin je suis sur que l’avenir guidera mes pas.

Je réfléchissais à pas mal de choses en même temps, surtout à mon exil. J’y ai vécu des choses que je n’ai jamais retranscrites. Il est temps que je les explique ici :

-« Mon exil s’est arrêté dans un vieux laboratoire entre Moscou et Vladivostok, au milieu de la foret en plein territoire Impérial. C’est de là que vient mon nouveau nom. Pour empêcher les troupes Impériales de me reconnaître, le professeur et ses multiples talents ont pu faire en sorte de me donner un nouveau nom. Je passais de Sarevok à celui de John Alfred Mckully Flint. Nous sommes arrivés sans encombre dans ce laboratoire bizarre dirais-je, car peu de mots peuvent le décrire. Je pouvais voir des sortes de « tubes » de régénération. Deux personnes se trouvaient dans le laboratoire, et une personne se trouvait dans un des tubes.
Koveras mon frère se trouvait dans un des tubes. Le professeur Fitz Fluss me le présenta comme : Joshua Smith. Il avait réussi à le refaire vivre, la joie transperçait mes yeux, l’euphorie s’emparait de moi quand il sortit 20 minutes plus tard. C’est la seule fois ou j’aurais serré quelqu’un dans mes bras depuis que je suis soldat.

« Les deux autres hommes se présentèrent comme Grimdel et Théodel. Un mouvement mécanique de mes implants fit plonger ma main vers mon Beretta dissimulé mais ma pensée l’arrêta. »

-« Les semaines passaient pendant mon exil, les deux premiers jours avaient tissés un certain lien de respect entre Grimdel et moi. Théodel pour sa part, le premier jour, avait du mal à communiquer mais il s’engagea finalement dans la conversation. Après je ne me souviens de rien, j'étais en hibernation dans un des tubes. A ma sortie j’étais changé, méconnaissable, comme si je renaissais d'une vie sans clone, sans morts, sans cauchemars. J'ai pu convaincre Grimdel et Théodel de me suivre. Je leur ai promis une protection venant de l'armée alliée, et en contrepartie, ils seront soldats à mes cotés. Néanmoins ces deux derniers devaient faire un petit détour.


Le reste vous le connaissez déjà, mon retour a Nuuk, la reprise de mon titre de Général, mais j’avais encore le souvenir de la trahison de Nelfou à mon égard. J’étais toujours furieux qu'il ait averti mon père Angelus. Enfin, peut-être que j'essaye de me trouver une excuse qui n'en est pas vraiment une...

Je contactais dès mon retour plusieurs personnes, et j’attendais des nouvelles de Grimdel et Theodel. Je m'inquiète tout de même...

J’ai pris contact avec Waha, Teutram, MAD, Hydrae, Prana, Ghostdog, Lita, John, Alenbi, Wurzzag et Wizzbang. La majorité vont me suivre je pense et en ce qui concerne mon plan, je pense avoir le soutient de plusieurs colonels.




Nuuk.

Je précipitais mon pas, accompagné de mes amis, ma garde... Nous n’avions aucune arme visible et nous n’étions pas en armure. La population se poussait devant notre marche. Nous arrivions devant la Tour Maréchesque, les gardes se mirent au garde-à-vous et nous laissèrent entrer, sans poser de question.

J’avais demandé au Conseil de se réunir aujourd’hui le 1er Août. Mon plan est en marche. Je ne peux plus reculer. Ils sont tous assis au dernier Etage, avec Nelfou à leurs cotés en ce moment même, à attendre que j’arrive.

Nous nous dirigeons alors vers le turbo-lift (ascenseur). Je dis alors simplement : "Salle du conseil". Le turbo-lift se mit en route directement, et on entra dans la grande salle, la table ronde habituelle au milieu. Tout le conseil est là. Je me dirige vers la table, chacun de mes soldats prenant position autour du conseil. Je fais un signe de tête et empoigne quelque chose à l’intérieur de mon uniforme. J’appuyai sur le bouton. La salle s’illumina, tous les doubles sabres lasers s’étaient allumés en même temps. Je discernais un air de surprise et de peur sur chaque visages.

Je dis alors : « Messieurs, je tiens a dire que tout ceci est un coup d'état. Je prends le pouvoir, je me proclame dorénavant Grand Conseiller, et Général en Chef de l'Armée de l'Alliance. Je vous déconseille de bouger. »

Je me dirigeai vers la place de Nelfou, qui se leva calmement. Puis rapidement allumant un Sabro-Lazer simple en se déplaçant à une vitesse phénoménale, il mit un magistral coup de poing à Joshua encore surpris par la vitesse et le fait d’être face à face avec le Maréchal.

Les autres membres du conseil se levèrent, les gardes à l’extérieur de la salle entrèrent, et le combat commenca. Jamais je n’avais vu autant de Sabre-Laser dans une pièce. Je voyais tout, Nelfou qui se battait d’une manière exceptionnelle, rien ne semblait le toucher. Je fis un signe à Hydrae et nous nous positionnâmes face au Maréchal. L’habitude du front, il semblait l'avoir oublié. Ca faisait longtemps qu’avec Hydrae nous nous battions cote a cote. Chaque fois que nous nous battions, nos coups semblaient avoir une coordination hors pair.

De l’autre coté de la pièce, Teutram, Ghostdog, Lita, Waha, John et Alenbi arrivaient assez aisément à immobiliser ou à désarmer les membres du conseil récalcitrant et certains des gardes personnels de Nelfou proche de la porte. Je savais que certains resteraient assis et ne prendraient pas part dans la bataille. Les Colonels Elcho, l’Artiste, Smou, Haly et Godark étaient toujours assis. Le général TheDeath aussi.

Néanmoins les autres membres de ma garde qui étaient sur ma gauche s’étaient fait désarmés par Nelfou, l’exemple frappant était celui de Joshua, ainsi que Prana qui s’est fait entaillé le torse et qui tomba par terre. Lorsque le Maréchal vit que de l’autre coté de la salle la bataille était presque finie, il lança son sabre simple qui s’enfonça dans le dos de Waha et qui s’écroula par la suite.

Waha était grièvement blessée mais Teutram se jetait déjà sur elle avec son sérum. Je pus voir Hydrae prendre son double sabro-lazer fermement et asséner un coup magistral qui endommagea nettement le bras gauche de Nelfou, néanmoins en même temps, sur le flanc gauche d’Hydrae le double-sabre laser du Maréchal transperça sa hanche et il s’écroula. Il ne restait plus que moi, face à Nelfou. Je pus discerner une lueur dans les yeux de Nelfou, une sorte de moment d’inattention.

Je pris l’opportunité, même si un flot d’émotions me traversait le corps pendant que j’armais mon coup. Mon coup partit, l’adrénaline me donnait une force que jamais je n’avais sentie auparavant. L’impact fit virevolter le double sabre laser de Nelfou et l’envoya 3 mètres plus loin et la continuité du coup transperça l’épaule droite du Maréchal, qui mit un genou par terre pour garder son équilibre



Neflou :

Nelfou se leva calmement et froidement, un regard sans émotions. Pire que cela, de lui émanait plus d’un froid, le souffle de la mort. Ses traits étaient comme à son habitude, mais c’est ce qu’il se dégageait de lui qui s’était transformé.

Il fixa McKully Flint, un silence absolu régnant dans la salle aux occupants comme pétrifiés, avec toutefois le léger bourdonnement des sabres laser. Qu’il se soit passé un millième de seconde ainsi ou plusieurs minutes, nul n’aurait pu le dire : le temps avait déjà cessé de s’écouler.

Puis, McKully Flint esquissa le début d’un geste, et il eut à peine le temps de bouger que Nelfou était déjà lancé : il se dirigea rapidement vers le rebelle le plus proche et, activa son sabre simple en portant le coup. Joshua Smith, encore pétrifié, ou surpris, eut beaucoup de mal à réagir, mais ses excellents réflexes lui permirent de parer le coup de justesse, bien que maladroitement. Cependant, le poing droit de Nelfou était parti, et il frappa Joshua de plein fouet, l’envoyant à la renverse sous la force du coup.
Au détour du couloir, au devant du champ de force, apparurent trois soldats, dont Sarevok. Au pied du champ, les trois hommes s’arrêtèrent, attendant de pouvoir passer. Nelfou fixait Sarevok, et réciproquement.
Ce dernier pointa son arme contre Nelfou qui ne bougea pas et intima à ses gardes de ne rien faire.
Sans lâcher l'arme, Sarevok dit alors: "Vous m'avez trahi Nelfou, comment avez-vous pu!"
Puis se détourna et gagna la sortie, accompagné de son Père.

Désolé, Sarevok, je ne suis pas fier de moi, ayant trahi ta parole, mais il fallait le faire. Je sais qu’après coup tu me remercieras pour ce que je t’offre… pensa Nelfou, qui, la mine sombre, partit dans la direction opposée du complexe.
Pendant ce temps, une partie des rebelles s’était dirigée vers les autres membres du conseil qui ne savaient trop que faire afin de les désarmer. L’autre partie se dirigea vers Nelfou.

Ce dernier, avant même que Joshua ait fini sa chute, s’empara de son sabre et le plaça dans sa main libre, pivota vers les deux rebelles qui l’attaquaient simultanément. Nelfou bloqua les coups et dévia les sabres, ses bras agissant indépendamment l’un de l’autre. Puis, au lieu de riposter, il couru vers Prana, attaquant de côté son double sabre.

(8 Mars 2157)

Le général salua son supérieur et gagna la sortie du bureau de Nelfou après cinq heures de discussions intensives.
Nelfou souriait.
Quel général, ce Sarevok ! Digne de son père, je ne regretterais jamais de l’avoir nommé. Cette renaissance est enfin en place… c’est usant pour mes vieux os de m’investir ainsi à nouveau !
Mais il faut bien aider l’alliance et que je serve à quelque chose…
Nelfou, fatigué mais satisfait quitta à son tour son bureau et se dirigea vers ses appartements, pour le reste de la nuit, ou plutôt pour l’heure qui en restait.


Des flashes surgissaient dans l’esprit de Nelfou tandis que le combat faisait rage. Nelfou était entre deux mondes : d’un côté son corps se battait, de l’autre son esprit revivait d’anciens souvenirs forts. Il n’était plus qu’a moitié conscient du combat, comme si quelqu’un d’autre manipulait son corps, les sabres.

Bip-bip ! Bip-bip...
Neflou accepta la communication sur le CoM-Link.
« Salutations, Maréchal ! Ici le service secret de surveillance des personnalités Alliées. Nous avons une information importante à vous communiquer. »
« Merci beaucoup. »
« De rien Maréchal, mes respects. »
La communication prit fin subitement et Nelfou, après avoir fait un peu d’ordre sur son bureau, sortit de ses appartements et se dirigea vers l’ascenseur.
« Niveau 7 » Dit-il au haut-parleur avant que celui-ci ne pose la question. L’ascenseur se mit en marche et descendit plusieurs niveaux avant d’arriver à destination.
Cling !
Nelfou s’avança le long d’un couloir et tourna à plusieurs intersections, puis passa par une porte sans inscriptions. Arrivé dans une salle minuscule, il composa un code et s’identifia oralement : la porte derrière lui se verrouilla, et Nelfou attendit qu’elle se déverrouille avant de ressortir de la pièce… pour arriver dans un tout autre lieu que celui d’auparavant. Ici le personnel était plus nombreux, et on le salua à son passage.
« On vous attend en salle 23, Maréchal »
« Merci »
Une fois arrivé dans ladite salle :
« Ah ! Vous voilà. Regardez ce que nous avons trouvé… »
Le technicien tendit un rapport à Nelfou.
Quelques minutes après, ce dernier prit congé et retourna dans son bureau.

« -Ici le Général Thefrench[I3] j'écoute.
- C'est Nelfou
- Mes respects Maréchal.
- Je viens d'apprendre que vous vouliez nous quitter ? »
Apres une infime hésitation, le Général répondit :
« - En effet, je confirme ce que vous avez appris.
- Et quelle est la cause de votre départ ?
- Je ne trouve plus le temps de m'occuper de tous les soldats comme je le faisais avant. Il y a trop de monde et hier, pour la première fois, je n'ai pas répondu à l'appel d'un sergent. Je ne veux pas que cela se reproduise. Je ne veux privilégier personne, soit je suis là pour tout le monde soit je ne suis plus là du tout.
- Et pourquoi ne démissionnez-vous pas tout simplement ?
- C'est à dire que la dernière fois vous aviez refusé...
- Si c'est vraiment ce que vous souhaitez, je ne m'y opposerai pas. Je préfère vous savoir simple soldat chez nous que chez l'empire. Bien que j'aurais préféré vous garder.
- Merci cela me touche mais il arrive un temps où on ne sait plus quoi faire pour tout surmonter.
- Dans ce cas j'attendrai ta demande sur mon bureau. »
Nelfou rompit la communication.

Je l’aurais au moins retenu pour un temps… Je ne pense pas que changer de camp soit une bonne solution pour qui que ce soit.
La vitesse de déplacement du Maréchal était fulgurante, d’autant plus que son âge et son corps usé lui donnaient une impression de docilité. Ses assaillants avaient du mal à suivre ses gestes, et l’imprévisibilité de ses attaques était troublante. Néanmoins, ceci ne dérangea pas Hydrae et J.A., des combattants hors pair.

Profitant de la seconde de surprise crée par le choix de son adversaire, Nelfou attaqua Prana de ses deux sabres, et son coup étant paré d’un côté, il frappa de l’autre, blessant grièvement Prana. Nelfou éteignit alors son sabre gauche, para un coup venant du côté en attachant son sabre à sa ceinture, para un second coup de justesse et empoigna le centre du Double-Sabre de Prana qui allait, rassemblant ses dernières forces, l’attaquer, le retournant contre lui.

Nelfou sortit de son bureau en vue d’aller à sa visite hebdomadaire avec le Pr. Fitz Fluss qui le suivait encore régulièrement, surveillant son état de santé, surtout mentale. Non pas qu’il fut psychologue, mais les dernières opérations sur le cerveau de Nelfou avaient eu parfois des conséquences assez graves, et mieux vaut prévenir que guérir.
Il frappa deux brefs coups à sa porte et entra sans attendre de réponse. Le professeur était là, il travaillait avec acharnement.
- Bonjour professeur ! s’exclama Nelfou, le sourire aux lèvres.
- Hum ? Ah ! Bien le bonjour, Nelfou, répondit Fitz Fluss avec un petit sourire montrant qu’il s’efforçait d’être poli mais qu’il ne souhaitait pas vraiment être dérangé.
Nelfou le remarqua mais n’en tint pas compte et s’installa sur le fauteuil conçu pour lui qu’il trouva dans le même état que la dernière fois qu’il était venu – il ne servait donc rien qu’a lui – et plaça sa tête dans le casque prévu à cet effet.
- Quoi de neuf, Docteur ? dit de bon cœur Nelfou.
Fitz tiqua.
- Oh ! Heu… pas grand chose répondit-il s’approchant de Nelfou pour commencer les examens.
- C’est à dire ? Avec vous c’est jamais « grand chose » ! Pourtant votre dernière invention, ce n’était pas rien !
- Ah ! La Tructa Tronium… Ce n’était qu’un test vite fait.
- On ne vous remplacera jamais, perdu dans votre humilité ! Mais là, en ce…
Nelfou fut contraint de s’arrêter de parler lorsque l’appareil se mit en marche : cela provoquait toujours un effet très désagréable.


La différence de forces était flagrante, et le laser entailla profondément le torse de Prana sur sa largeur, ce dernier lâchant alors prise. De l’autre côté de Nelfou, son bras droit était en difficulté, et peinait à esquiver, ce qui lui valu une entaille au flan.
Ayant le champ libre du côté de Prana, et le mur un peu plus loin, Nelfou se retourna, faisant tournoyer son Double-Sabre dans sa main gauche, plus habile, et se retrouva face à Hydrae ainsi que J.A. le rejoignant, qui s’était assuré que les autres membres du conseil ne tenteraient pas d’action héroïque.

Le combat se faisait de plus en plus distant tandis que Nelfou s’enfonçait dans les profondeurs se son passé. Toute sa vie défilait devant ses yeux.
Au sortir de la tour Maréchesque, à Nuuk, une foule de journalistes se pressait autour d’un homme entouré de gardes du corps qui écartaient la foule de son passage.
« Maréchal Nelfou ! Maréchal ! Il y aurait une rumeur d’une nouvelle nomination au poste de général, qu’en est-il réellement ? »
« Maréchal, pour le FinançAllié, que pensez-vous de la conjoncture actuelle au profit des opérations militaires futures ? »
« On dit que vous allez vous marier avec une jeune recrue ! Aurez-vous l’amabilité de nous en dire plus ? »
« Selon des sources sûres, nous savons que vous allez nommer une traître Lunienne au pouvoir, est-ce vrai ? »
« Maréchal, la voiture vous attend. »
Nelfou s’était arrêté devant la portière de son véhicule. La manière dont les quelques fuites pouvaient se transformer l’étonnerait toujours.
« L’Alliance aura prochainement le plaisir d’accueillir sa première Générale. » dit-il en souriant avant de s’engouffrer dans la voiture, les questions fusant de plus belle autour de lui.



Devant le double-sabre tournoyant, Hydrae recula d’un pas, s’alignant avec J.A., et ils attaquèrent les deux flans de Nelfou.

Une détonation fit sursauter Nelfou : un combat s’engageait en contrebas, les Luniens se rapprochaient inexorablement. La porte du bureau s’ouvrit brutalement, et un général entra.
- Mais qu’attendez-vous donc ! Ils sont en bas et sont prêts à nous décimer ! Il est trop tard pour changer d’avis, Nelfou, TROP TARD !

Et c’est d’une main tremblante que Nelfou composa le code, lentement, puis, tout doucement, il caressa le bouton rouge, tremblant de plus en plus, tellement qu’il fini par appuyer dessus sans vraiment le vouloir…

Et son cœur cessa de battre, le monde de tourner, le temps de s’écouler... La seconde précédant l’intense lumière provenant du ciel dura une éternité, mais cette éternité eut une fin…

Le gros faisceau lumineux se divisa en une multitude de plus petits, fonçant droit sur tout les corps dégageant de la chaleur, hormis ceux munis d’une puce de déviation. Et ce fus l’hécatombe, un sifflement aigu tout d’abord, puis ensuite le bruit horrible des chairs se consumant, fondant sur place. Soudainement, un calme se fit. Plus qu’un calme, un silence, pesant, imposant. Le souffle éteint de la mort. Le moment où les émotions ont leur dernier soubresaut : elle vous emportent au plus haut puis replongent et disparaissent, ne laissant plus qu’une âme en déréliction, vidée. Puis le temps, paisiblement, progressivement, se remet à avancer ; nos pensées s’éveillent, nos yeux se rendent comptent qu’ils voient et transmettent les images au cerveau qui donne ses premières impressions.

La première pensée eut à peine le temps de naître qu’une odeur des plus répugnantes saisit dans son étreinte Nelfou qui y succomba presque tant elle était insupportable : le résultat de la combustion de milliers d’êtres humain, mais aussi d’oiseaux, d’insectes et mammifères… Une odeur si forte qu’on en croyait la palper, la voir se solidifier autour de soi, et pire, la goûter.

Assassin…
Meurtrier…
Je suis damné… Ma vie n’a plus raison de rester en ce monde…
Nelfou lança son sabre simple, le faisant tourner sur lui-même, en direction de Waha, de l’autre côté de la salle, rentrant dans son dos avant de retomber à terre. Ce qui lui permit de manier des deux mains et avec une efficacité redoutable son double-sabre, parant ainsi ses assaillants.

Nelfou fixa longtemps Mat… Il ne comprenait pas pourquoi ils avaient décidé d’attaquer la capitale, et une multitude de pensées voltigeaient dans sa tête, lui donnant presque le tournis. Puis, changeant de position contre le mur qui commençait à faire mal à son dos, un bruit presque imperceptible se dégagea… mais apparemment Mat avait une bonne ouïe car il le nota immédiatement, ce qui surpris Nelfou qui le vit scruter les ténèbres dans sa direction jusqu'à ce qu’il l’aperçoive ; ce qui se traduisit par une dilatation de ses pupilles et la crispation des muscles de son visage marqué par la surprise.

Cependant, Nelfou ne réagit pas et continua de fixer le général Lunien pendant un temps qu’il ne su déterminer, perdu dans le tourbillon d’émotions et de questions sans réponses qu’il s’efforçait d’engloutir en lui-même. Enfin, le calme se rétablissant au fond de lui, il prit une inspiration, et sans un mot ni aucune émotion, sans même penser à ce qu’il faisait, il saisit l’arme que le Pr. Fitz Fluss lui avait concocté et frappa de toutes ses forces sur son adversaire qui, bouche bée regarda Nelfou lui arracher ses dernières minutes de vie…

Fluss avait donc bien raison, se dit Nelfou, le tronium empêche bien le clonage. C’est bien pour cela que l’on m’a gardé si longtemps dans le coma, je suis mortel…Il aurait tout de même pu fabriquer une arme plus sobre ! Je sais bien que ce sont les écailles de poissons qui favorisent la pénétration du poison, mais tout de même… Au moins cela aura-t-il eu la vertu de le surprendre…

Une faible et prompte sonnerie résonna dans l’oreillette de Nelfou : on le demandait. Il s’enfonça donc dans les rues sombres de Nuuk, croisant parfois quelques soldats, tantôt Alliés, tantôt Luniens, jusqu’au centre de la capitale.


Ne pouvant attaquer l’un sans que l’autre n’en profite pour prendre l’avantage, Hydrae et J.A. agissant en symbiose comme une seule et même force, Nelfou se résolut à reculer pour rencontrer ses adversaires face à lui. Jamais il n’avait encore combattu deux si bons guerriers à la fois.

Deux soldats entrèrent dans le bureau, et immédiatement se mirent au garde-à-vous. Nelfou leur fit signe de rompre, et les invita à s’asseoir devant lui.
« Soldats ! Vous êtes jeunes et dynamiques, vous représentez la génération future de l’Alliance ! Vous aurez remarqué que notre Général s’épuise à la tâche, et le travail commence de le submerger. C’est pourquoi, j’ai décidé de nommer deux nouveaux généraux pour le seconder. »
Nelfou s’arrêta comme s’il avait fini de parler. Les deux hommes en face de lui le fixaient toujours, mais auraient aimé se regarder l’un l’autre afin de savoir ce qu’il pouvaient bien dire… Mais on ne voyait aucune trace de compréhension dans leur regard.
Au moment où l’un d’eux ouvrit la bouche pour demander qui seraient ces deux généraux, Nelfou lui coupa la parole.
« Aurez-vous l’honneur de faire partie de l’Etat-major Allié ? »
Un éclair de compréhension passa dans les yeux des deux soldats qui répondirent d’une même voix :
« Oui, Maréchal ! »
« Bien, bien… » Nelfou griffonna quelque chose sur un papier et le tendit aux soldats. « Soldat Wurzzag, fidèle combattant au service des forces alliées, je vous déclare officiellement Général de l’Alliance. Soldat Sylke, fidèle combattant au service des forces alliées, je vous déclare officiellement Général de l’Alliance. Veuillez signer ici je vous prie… »


Alors que J.A. semblait se soucier de ses camarades, Nelfou en profita pour attaquer Hydrae.

« Contrairement à vous autres, et malgré les apparences, je ne me fais guère de soucis pour notre maréchal, il a toujours su ce qu'il faisait, et il avait simplement besoin de se retrouver seul un peu pour "respirer"... je sais qu'il nous reviendra sain et sauf... si je n'étais pas engagé sur plusieurs fronts à risque, je serais parti volontiers à sa rencontre... Mais je sens toujours sa présence lorsque je suis face à plusieurs ennemis, et cette présence m'a jusqu'à présent permis, nous a jusqu'à présent permis de reprendre de précieuses cités à l'ennemi... tant que je sentirais sa présence, rien ne pourra nous arriver...
Longue vie au Maréchal !!! »

Nelfou appuya sur le bouton ‘stop’ du lecteur de cassettes. Ce vieux système posé dans la salle de réunion d’état-major était encore très pratique pour entendre ce que l’on dit derrière son dos. Après avoir déterminé s’il le fallait ou non, Nelfou finit par remercier par la pensée Solthaar, et reprit l’enregistrement.



Mais Hydrae l’avait devancé, et donna un coup rapide et puissant sur la gauche, seule ouverture que l’attaque qu’utilisait Nelfou pouvait offrir.

Une clé tourna dans une serrure.

Nelfou ouvrit les yeux.

Il s’apprêtait à se lever de son lit, mais, surpris, réalisa qu’aucun de ses membres ne lui répondaient. Son corps était lourd, très lourd… et il avait un bon mal de tête.

Où suis-je ?
Télévision, murs blancs, petite pièce, draps blanc…. ?
Odeur de…
Hôpital ! Il doit s’être passé quelque chose, mais quoi ?
Je suis si fatigué…

Essayant de se remémorer ses derniers souvenirs afin de retracer les événements, Nelfou fermit les paupières, mais le sommeil le reprit.



Hydrae donna son coup en même temps que Nelfou, et tandis que sa hanche fut transpercée, le bras gauche de Nelfou fut aussi bien endommagé. Mais les dommages à la hanche d’Hydrae étaient importants, et il s’arrêta de combattre, s’écroulant.
Ses yeux captèrent son reflet dans une mare. Ses habits étaient sales et déchirés, imprégnés de la même poussière qui couvrait sa peau et ses cheveux. Pendant un moment, il palpa les insignes brodés sur son manteau, cinq étoiles dorées. Cela voulait dire quelque chose, ces étoiles. Pourtant, elles ne purent retenir longtemps son attention. Il contempla son image avec le même étonnement. Un homme de haute taille, juste parvenu à l’âge mûr, de belle mine, mais ayant à présent un visage ridé par la tension et l’inquiétude, des yeux sombres qui en avaient trop vu. Nelfou commença à glousser, puis rejeta la tête en arrière ; son rire se perdant dans la forêt sans vie.
« Revenez ! ! Il faut que vous voyiez cela ! »
Derrière lui, apparu d’entre les broussailles carbonisées un homme qui jeta un coup d’œil autour de lui, le dégoût lui crispant brièvement la bouche. Moins grand que Nelfou, il avança avec circonspection, relevant son manteau d’un geste précautionneux empreint de répulsion pour éviter de frôler le mort. Son attention était fixée sur l’homme qui regardait dans la marre en riant.
« Nelfou ! dit-il, Je suis venu te chercher. »
Le rire cessa net et Nelfou se retourna sans témoigner de surprise.
« Ah, un hôte. Venez-vous en Paix, étranger ? Soldat ! Saluez donc cet homme ! »
Les pupilles de l’homme se dilatèrent, ses yeux se dirigèrent vivement vers le corps du jeune soldat, puis revinrent à Nelfou.
« Que le diable m’emporte ! Le Tronium pourrait alors encore attaquer ton cerveau ! Je pensais que Fitz Fluss l’avait totalement retiré.
- Tronium... » Nelfou frissonna et leva la main comme pour écarter quelque chose. « C’est dangereux ça, le Tronium.
- Ah, tu te rappelles au moins cela. Que te rappelles-tu d’autre ? Souviens-toi, je ne te laisserais pas finir drapé dans l’inconscience ! »
Pendant un moment, Nelfou contempla sa main levée, fasciné par les dessins de la crasse. Puis il s’essuya la main sur son manteau encore plus sale et reporta son attention vers l’autre homme. « Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? »
Les souvenirs passaient de plus en plus vite dans l’esprit de Nelfou. Il n’avait maintenant plus conscience du tout de ce qu’il se passait autour de lui, perdu dans ces résurgences du passé.

« Que la cime des arbres soit la hauteur de mes pensées,
Que le ruisseau qui court soit l’esprit vivifiant changé,
Que la terre et ses insectes fourmillent intensément,
Que l’air pur des contrées oubliées soit mon ciment.

Je veux construire l’apogée de mes souffrances,
Et que la mort tue la mort,
Je veux détruire ce passé qui n’a plus de sens,
Et que la mort tue la mort. »

Nelfou reposa sa plume, rangea consciencieusement ses affaires, et s’élança furtivement loin de l’Alliance, loi de ce monde en furie.


Des dizaines de souvenirs passent les uns après les autres…

(13 Août 2141)
Bzzzzz….
Un grésillement assourdissant empli la tête de Nelfou, pendant d’interminables secondes avant de se réduire petit à petit.
Bzzz..hown..zzz..youhélélé?zbzz….
De drôles de sons tournent dans sa tête, qui elle aussi tourne, tout son corps tourne, Nelfou se sent basculer et tomber, tomber… tomber…


Et encore, encore…

(11 Août 2136)

C’était une grande salle de conférence, dans un style assez ancien, mais chacun portait un casque-traducteur muni des dernières inventions technologiques comme le vote par la pensée.
Faisant face à des centaines de personnes réunies sur les gradins, se dressait une longue table, présidée par un homme de forte carrure, debout.

« …et c’est pourquoi, afin d’écraser définitivement ces forces extérieures, il est primordial de nous unir ! Que nos armées ne soient plus gouvernées par des politiciens divisés et incapables de prendre des décisions, ni par des hommes d’affaire ne cherchant que leur profit personnel ! Qu’Honneur et Fidélité entrent dans nos rangs ! Que des hommes d’expérience dirigent une armée qui sera alors invincible !

Moi, Général Nelfou, propose à l’ensemble des états-majors des différentes nations alliées de créer l’Alliance, LA force qui par nous triomphera ! »

Le général s’était à peine tu que d’intenses applaudissements s’élevèrent dans la salle. Une bonne partie, euphorique, criait, sifflait à tout rompre, mais d’autres semblaient applaudir par respect pour des idéaux certes bons, mais utopiques.

Soudain, une détonation retentit.
« Seul le Saint Empereur Vaincra ! Ne voyez-vous pas dans quel monde nous sommes ? Notre Saint Empereur nous donnera notre Salut ! »

De nombreux regards se dirigèrent vers un homme frêle, pistolet à la main, dont les spasmes du visage, empreints d’une expression de joie extrême, appelaient à un état de démence.

Cependant, alors que les soldats présents dans la salle se jetaient sur ce dernier, l’attention se fixa au centre de la longue table, et, pendant plusieurs secondes, un silence absolu se fit, qui, n’étant troublé que par l’arrestation du fou, glaça le sang des conférenciers.

Le général gisait à terre, un flot de sang se répandant sur le sol, autour de son crâne.


Il n’y avait plus de pauses entre les souvenirs, plus aucun moment de répit où Nelfou pouvait tenter de reprendre conscience.

(2111)

Nelfou frappa timidement à la porte du Colonel Vanlpirchme qui l’avait convoqué.

« Entrez ! »
Nelfou ouvrit la porte, fit un pas à l’intérieur et se mit immédiatement au garde-à-vous.
- Colonel ! Sergent-chef Nelfou au rapport !
- Repos, soldat. Et fermez la porte.

Nelfou s’exécuta, et le colonel reprit :
« Je suis très fier de vous, soldat ! Pour une si jeune recrue, vous montez un talent exceptionnel. Je vous ait convoqué pour récompenser vos services rendus à l’Armée Française : sachez que lors de l’inspection prochaine du général, vous serez promu Major. Et vous recevrez une médaille pour tout ce que vous avez fait. »

Nelfou failli rougir mais réussit, non sans peine, à se maîtriser. Il salua à nouveau son colonel.
« Bien Colonel ! »



La vitesse à laquelle tout était passé en revue était effrayante.

(2102)
Nelfou suivait un petit sentier sinueux dans une forêt marécageuse, précédé par un hydride sur-musclé maniant une large double hache.
Il se dégageait une atmosphère inquiétante du bois, amplifiée par une musique stridente. De temps à autre, la hache de Lews sifflait et un Nournis, espèce de fourmi géante aillée, ou un Choulme, sanglier difforme, s’éclatait contre un arbre, des lambeaux de chair s’éparpillant tout autour.

Les deux hommes n’avaient que faire de ces trouble-fête, et avançaient rapidement vers une montagne volcanique.

Soudain, Nelfou s’arrêta et fit parvenir l’ordre par télépathie à Lews de faire de même : il avait ressenti une présence maléfique puissante approcher.

Tandis que Lews préparait une attaque spéciale, Nelfou vérifia leur état de santé et se tint prêt à son tour. Une grosse et puissante voix s’éleva de la cime des arbres, à faire glacer le sang.
« Ah ! Enfin je vais pouvoir vous écraser, bande de mina… »

Le démon de quatre mètres de haut qui avait surgi du sol devant eux les chargeait, brandissant un point enflammé surpuissant, mais il eut à peine le temps de finir sa phrase que Nelfou opéra une métamorphose en Archange combinée à une attaque multiplie au feu divin, un flot d’éclairs blancs et jaunes retirant un tiers des points de vie de Brumerk. De son côté, Lews, de part sa technique avancée de hachage-bourrin, avait opéré un gonflement de sa hache en usant d’une pierre de Lukme, et sauta au niveau du ventre du démon, sa double hache grossie 17fois le lacérant.
Enfin, de part le charme acheté en ville, le processus « Frères d’Armes » s’enclencha comme Nelfou et Lews attaquaient la même cible en même temps, et la tête de Brumerk explosa.

« Loool » dit Lews
« Quel boulet celui-là ! Ca doit faire la 83eme fois qu’on a son compte ! »

Soudain, le monde virtuel chavira, puis un écran noir se fit devant les yeux de Nelfou qui retira son casque de jeux vidéo.
«- Maman ! Quoi encore ?
- J’en aie plus qu’assez de te voir faire QUE ça ! Alors tu vas me faire le plaisir d’arrêter pour le reste de la journée.
- Mais, je n’ai même pas pu prévenir Lews que j’arrêtais…
- Lews ! Ben justement, vous n’avez qu’à vous inviter ! Ou je ne sais quoi ! Mais arrêtes de t’abrutir devant ces jeux stupides. Ce n’est pas comme cela que tu arriveras à quelque chose dans la vie, Nelfou ! A 17ans, tu devrais commencer à penser à ton avenir. »


Un mal de tête naquit, ou plutôt comme un sifflement, s’accentuant, plus les souvenirs passaient.


(2091)
Nelfou cueillait des fleurs dans son jardin pour faire un collier à sa maman pour la fête des mères. De l’autre côté du grillage, chez son voisin, jouait Nicole avec un ballon de baudruche.

Julien, son frère, arriva et voulu le lui prendre, mais celui-ci lui échappa des mains et il s’envola trop haut, trop vite, pour pouvoir être rattrapé.
Nelfou suivit du regard le ballon, les cris et pleurs désespérés de sa voisine emplissant ses oreilles.



Bientôt, plus rien n’avait de sens, et tout se mélangea, dans un grand tourbillon.
« La clef tourne dans la serrure… Arrêtes de t’abrutir devant ces jeux !…La renaissance combattra l’individualisme dans notre armée…Mais, cette guerre ne finira donc jamais ?…Tu m’as trahi…On va les écraser !… »
Soudain, tout s’arrêta. Le silence et le vide se firent dans sa tête.

Une pensée se pointa au plus profond de l’esprit de Nelfou, et gambada parmi ses neurones, insaisissable. Nelfou savait qu’elle était importante, mais n’arrivait pas à savoir ce qu’elle contenait.

L’idée disparut dans un coin du cerveau. Et se fit entendre un peu plus loin, plus distante, mais plus précise. Comme si au fur et à mesure qu’elle échappait à Nelfou, elle se construisait et devenait plus claire.

L’image d’une araignée tirant ses fils traversa son esprit.
Un schéma, un plan, des liens…quelque chose de ficelé ?… d’important.

Il faut que je sache…

Se concentrant comme il pouvait, Nelfou essaya de se souvenir de ce qu’il avait entr’aperçu… et soudain, ses yeux s’illuminèrent : il su.
Maintenant, il savait. L’ensemble de cette réflexion s’imposa d’un coup à sa conscience, comme des plus évidentes :
Depuis le début du 21eme siècle, en Europe et partout sans le monde, l’individualisme se développait. Et ceci avec une nette avance dans les pays développés.

Les jeunes se terraient chez eux, jouant certes avec d’autres jeunes, mais seuls physiquement. Le côté « communicatif » des nouvelles technologies était bien trompeur : on ne remplacera pas de sitôt le contact humain et naturel retrouvé dans la « vie réelle ». Ce terme de plus en plus utilisé montrait pourtant bien que l’on ne qualifiait pas les rencontres virtuelles comme naturelles et normales.

Cette nouvelle génération axée sur les nouvelles technologies, si prometteuses, finit par arriver dans le monde « adulte », et contamina celui-ci : il ne s’agissait plus de travailler ensemble dans une étude, autour d’une table ; on préférait rester dans son bureau et user des vidéo conférences. Chacun pouvait presque rester chez soi pour travailler. Plus besoin de sortir : on nous livrait la nourriture à domicile, le coursier déposant le tout devant la porte, sonnant et partant aussitôt livrer ses autres commandes…

L’automatisme fort développé dans les industries, la main d’œuvre étant de moins en moins demandée, les activités physiques, tant sur le plan du travail que pour les loisirs, se faisaient rares. Les engins agricoles, de construction, transports publics, étant dirigés à distance.


Qu’est-ce qu’être Humain ?


Naître dans une éprouvette afin de posséder un organisme protégé dès la naissance contre toutes sortes de maladies, avec un physique au goût des « parents » , grandir dans un environnement où tout est aseptisé, mesuré, équilibré pour assurer une bonne croissance, où l’on éduque les enfants en lisant un mode d’emploi, se tenir assis devant un écran la plupart du temps, que ce soit pour suivre des cours par correspondance, faire les courses, ou se divertir à l’aide d’un simulateur, rencontrer son âme sœur, et simuler encore parce qu’elle habite à l’autre bout du monde, tenir un entretien d’embauche avec un boot…


Est-ce le devenir de l’Humanité que ce conditionnement ?
Vivre, être libre comme l’air… conditionné ?


Mais en 2092, la troisième guerre mondiale éclata.


Les populations eurent bien du mal à se rendre compte que ceci avait lieu dans le « monde réel », ou « pour de vrai ». Il fallu attendre pour la plupart qu’il soit trop tard pour s’en rendre compte, ou que des proches soient directement concernés.

Cependant, une bonne partie de la population n’avait que faire de cette guerre : « au pire, on change de gouvernement… et bien, que cela changera-t-il à ma vie ? ». Evidemment, vu comme nous étions embourbés chez nous, condamnés à vivre virtuellement, on se demande ce que cela aurait bien pu changer…

Une chose extraordinaire se produit alors : sans doute mus par l’idée de « jouer à la guerre pour de vrai », ou part l’assurance de ne pas mourir avec le système de clonage, ou parce que tout simplement l’Empire menaçait de transformer les mondes virtuels à son image, à l’image de l’Empereur, de plus en plus de monde vint se présenter aux postes de recrutement.

Sans s’en rendre compte, l’humanité se sauvait d’elle-même.
Réunis physiquement autour d’un idéal, combattant ensemble corps et âme, vivant ensemble de pénibles ou joyeux moments, la véritable nature de l’Homme retrouva sa place avec la vie en communauté.
Le monde s’éveillait petit à petit, chacun trouva sa place, son utilité, retrouvant ses sentiments, peurs et excitations.

Tout le monde pu sentir les bienfaits de l’activité physique, du plein air, de l’aura qui se dégage des autres, du véritable esprit d’équipe.


Nelfou avait souvent dit qu’il fallait en finir avec cette guerre, car on ne pouvait tolérer les idéaux des autres camps. En effet, il ne faut pas perdre cette guerre, car non seulement l’Humanité perdrait de sa liberté, corrompue, empoisonnée par des concepts immoraux, mais aussi retournerait à sa situation précédente de cloisonnement, car n'ayant plus de motif à une mobilisation.

Il ne faut pas perdre cette guerre… mais il ne faut pas non plus la gagner.


Peu de monde avait remarqué cela, et les générations d’aujourd’hui étant nées avec la guerre, ne pouvaient s’en rendre compte.


…l’effort de concentration mentale que venait d’effectuer Nelfou le déstabilisa, et il ne réagit que trop tard à l’attaque de JA McKully Flint. Celui-ci ayant remarqué son manque d’attention avait frappé de toutes ses forces, et le Double-Sabre échappa des mains de Nelfou sous le choc, le laser de JA lui sectionnant un bout d’épaule.

Nelfou, que cette blessure supplémentaire qui rendait son bras infirme, avait trop affaibli, tomba à genoux, ferma les yeux doucement, et attendit, une expression de paix intérieure sur son visage.


Parfois, les rêves sont si proches de la réalité qu’on se demande si la vie ne serait pas qu’un rêve…





J.A. McKully Flint :

Je vis ses yeux se fermer. J’armais a nouveau mon coup, au niveau de la nuque, mes bras firent un mouvement habituel que j’avais répété des dizaines de fois sur un champ de bataille, en tuant mes ennemis... Néanmoins une pensée me traversa... le Maréchal n’était pas mon ennemi, mais mon ami, une sorte de père quand Angelus n’était pas la, la guerre m’avait-elle fait perdre tout amour ?

Mes bras tremblaient lorsque le coup s’échappa, et ce dernier s’arrêta à quelques centimètres du cou de Nelfou. Je n’entendais plus rien derrière moi, apparemment tout le monde avait cessé de combattre et fixait des yeux le coup porté et la scène.

J’éteignis mon Double Sabre Lazer et releva Nelfou. Je dis alors, les larmes coulant sur mes joues :

« Le Maréchal a été vaincu mais je ne peux pas le tuer. Cette guerre dans laquelle nous sommes depuis des centaines d'années ne peut faire disparaître complètement le sentiment d'amour, de paternité que nous pouvons éprouver. Néanmoins Nelfou sera exilé dans les Etats Civils Alliés et deviendra sa figure emblématique. Pendant son exil, il n'aura plus aucun contrôle sur l'armée. Le Maréchal s'est «ramolli» après autant d'années, il est devenu trop gentil, il est temps de remettre a l'Alliance un pouvoir fort, un pouvoir ferme, beaucoup d'entre-vous ont oublié qu'il s'agit d'une armée et non d'un pays démocratique».

Nelfou me regarda dans le yeux, et je pus les voir scintiller, les larmes prêtes à se former, lorsqu’il prit la parole :

« Ton geste me touche au plus profond de moi, et jamais je ne l’oublierais : les amitiés sont bien plus importantes que les idéaux. Je te laisse ma place… » Ces derniers mots, je sentis qu’il les avait arrachés de sa bouche, le tressaillement dans sa voix évoquant un sanglot retenu »… certes non sans peine et regrets, ma vie fut l’Alliance, et l’Alliance fut ma raison de vivre, mon espoir de rétablir une paix durable… mais en cette soirée mémorable, j’ai appris d’autres choses qui me permettront de supporter ce départ… »
Il s’arrêta un temps, puis reprit plus haut et d’une voix plus contrôlée :
« Au nom de l’Alliance et de son Conseil, je souhaite que le Grand Conseiller McKully Flint soit respecté, soutenu, et qu’il réussisse dans sa mission. Considérez ceci comme mon dernier vœu. »

Sur ce, il se retourna et se dirigea vers la sortie. En me croisant, je l’entendis grommeler sourdement :
« Maréchal ramolli… je vais t’en faire voir des Maréchaux ramollis moi… »

Je repris la parole :

« Général Marcus, vous deviendrez un simple soldat à nouveau, je demande votre démission. Général TheDeath, vous garderez votre place, néanmoins vous aurez un poste précis, celui de l'attaque. J'espère que vous ne me décevrez pas. Général MAD, bienvenue à nouveau parmi nous, vous conserverez votre place, et vous vous occuperez de la défense. »

Je me retourne alors vers Cannonball...

« Général Cannonball, du au récent travail fourni, je vous garde pour l'instant, néanmoins, je veux vous voir dans mon bureau plus tard, pour en discuter plus amplement. »

« Une Loi Martiale sera mise en place d'ici demain, elle sera affichée dans toutes les casernes ».

Mon COM-Link sonna tout a coup, rompant le silence parcourant la salle. Je pus voir le visage de la Générale MAD, un peu énervée, mais je m'en doutais.


Dernière édition par Historien le Jeu Juil 13, 2006 8:59 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu Juil 13, 2006 8:59 am    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Un vent humide soufflait sur les plateaux vallonnés, faisant frissonner les saules et remuant les hautes herbes. Une brise longea le cours d’une rivière calme, et lécha le visage d’un homme assis sur une berge, une canne à pêche en main.

Nelfou étais assis là depuis maintenant plusieurs heures, son appât dévoré depuis longtemps, car perdu dans ses pensées, il n’avait plus fait attention à la tension du fil. Un léger bruissement se fit entendre derrière lui alors qu’un homme s’approchait doucement, s’arrêtant à quelques mètres de Nelfou, le contemplant.
Je me doutais que tu serais par ici.
Lews s’assit alors aux côtés de Nelfou, et regarda le reflet de ce dernier miroiter dans l’eau. Les traits de son ami étaient durs comme à son habitude, seuls ses yeux témoignaient d’une émotion particulière. Puis ce visage tourna, et, relevant sa tête, Lews croisa le regard de Nelfou.
Lews… Je suis si fatigué ! Jamais je n’aurais imaginé qu’une telle chose se produise… Toute la journée j’ai lutté contre mon cœur pour montrer que je soutiens Flint… Tu sais, il ne faut pas s’enrager contre lui ainsi, c’est un homme de talent.
Nelfou ! Ne te relâches pas ainsi ! Ca ne te ressemble pas. Je suis venu aussi pour te demander quelque chose d’important : voudrais-tu venir à la tête de la résistance ? Tu es la seule personne qui pourrait convenir… Flint a beau être doué, si tu regrettes ta place, c’est bien parce qu’il n’a pas tout à fait le même point de vue que toi… sinon il n’aurait jamais fait cela. J’ai toujours été pleinement d’accord avec tes décisions, et j’ai peur, Nelfou. J’ai peur qu’il puisse en prendre de mauvaises.
Je suis désolé, Lews, mais je refuse ton offre. Dis leur à tous que ce que je souhaite, c’est une alliance unie. Certes, Flint va employer certaines méthodes que je déplore, mais retiens une chose, Lews : si je suis encore vivant, et assis à tes côtés, c’est grâce à lui. Il m’a épargné en tant qu’ami, mais politiquement, j’ai échoué. Je ne peux pas me monter contre lui, tu comprends cela ?
Oui…
Les deux hommes se turent, et écoutèrent le vent chanter. Une larme perla au coin de l’œil de Nelfou, glissa lentement sur sa joue, puis tomba dans l’eau. Lews qui ne vit que la goutte d’eau tomber regarda le ciel : une averse menaçait.
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MessagePosté le: Jeu Juil 13, 2006 9:00 am    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Nelfou referma la porte, laissant repartir son dernier visiteur. Ils étaient assez nombreux à venir le voir pour le «consoler », protester ou simplement en guise d’adieu.
Assez traîné, se dit-il, j’ai encore un Etat à gouverner !
Nelfou enfila un manteau, et se dirigea vers la limousine qui l’attendait dehors.
- Où allons-nous, Maréchal ? demanda le chauffeur
- Hum… Appelez-moi Monsieur le Président. Je crains qu’on n’associe trop le titre de Maréchal à l’Armée. Nuuk, bien sûr, c’est notre capitale.

Quelques heures plus tard, Nelfou arriva au siège du gouvernement allié. Quelques journalistes guettaient son arrivée, mais ils n’étaient pas nombreux car sont arrivée n’était pas programmée.
Maréchal Nelfou ! Pourriez-vous enfin nous parler de ce qu’il vient de ce passer, de votre réaction ?
Bien… Tout d’abord, je souhaite reprendre le titre de Président afin que l’on me dissocie bien de l’Armée. Disons qu’auparavant je me battais pour les idéaux que je représentais. Maintenant notre Grand Conseiller se bat pour les idéaux que je représente. Voilà comment je considère la situation.
Nelfou s’engouffra rapidement dans le bâtiment, ne souhaitant pas s’éterniser avec des questions supplémentaires. Après tout, il y avait les conférences de presse pour cela. Après s’être installé à son bureau, étrangement vide, étant donné qu’il n’avait plus l’habitude de travailler ici, entra un ministre.
M..onsieur le Président, comme vous le savez, les élections arrivent prochainement ! Il se doit de les préparer comme de coutume. Bien que je ne doute pas que vous obtiendrez votre 5ème mandat consécutif car en vue des faits, la population aura pitié de vous et vous obtiendrez sans doute un très large score ; je pense qu’il est préférable de préparer les slogans et interventions comme il se doit. Car vous savez qu’un autre parti commence à prendre de l’ampleur et que…
Assez, assez. coupa Nelfou, sèchement. Je serais chef du gouvernement tant que la population voudra de moi, et je ne me battrais pas pour manipuler les gens à mon profit. Je donne ce que je peux aux pays, et à eux de juger ensuite. Faites juste en sorte que l’on sache que je pose ma candidature « entre les mains des Citoyens ».
Il va être temps de transformer les façons de penser une fois pour toutes, se dit Nelfou, maintenant que j’en ait l’occasion. Ainsi que de préparer le terrain pour une éventuelle après-guerre – on est jamais trop prudent – afin que l’humanité ne retombe pas dans son individualisme effréné.
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